CORPS DÉFAILLANTS- 9 10 11 septembre, Poitiers

Depuis une vingtaine d’années les travaux sur le corps ont connu un renouveau très important. Les analyses et les regards disciplinaires se sont multipliés. L’objet corps, pour être saisi dans son infini complexité, a besoin d’approches croisées. Le corps supplicié, le corps handicapé*, le corps meurtri par les intempéries ou par les conflits armées, le corps brutalisé lors de rixes interpersonnelles ou dans le cadre de violences conjugales ont fait l’objet de travaux de qualité mais souvent dispersés. L’historiographie montre en effet que si les études psychologiques de qualité sont assez nombreuses, sans compter les contributions plus strictement médicales, en revanche les autres disciplines sont plutôt absentes. De la sorte, le rééquilibrage des connaissances s’avère indispensable.

Le corps défaillant est celui qui ne correspond pas ou plus aux attentes. Lentement, en fonction de l’âge ou bien d’une maladie évolutive ou encore d’un traumatisme, le corps semble se dérober. Brutalement, à la suite d’un accident, d’une agression ou d’une maladie soudaine, le corps ne répond plus aux demandes, ou du moins imparfaitement. Il s’agira donc de penser le corps comme “manquant ou insuffisant “ dans la perspective des normes individuelles ou culturelles, sociales ou groupales médicales ou psychologiques, philosophiques, juridiques… Cette approche pluri-disciplinaire se situe dans une perspective d’histoire culturelle.

La notion de corps défaillant rejoint les questions de l’altérité acceptée, de l’altérité radicale, de l’affirmation aussi d’une société inclusive. Le corps défaillant ne correspond pas à un jugement, peut sans aucun doute devenir une notion heuristique permettant de penser et de comprendre une forme singulière « d’altérité de l’intérieur ». Elle peut recouvrir la diversité des défauts réels ou physiques, imaginaires ou idéaux, symboliques ou culturels dont le corps peut être le porteur mais dont l’impact social est inexistant, faible ou très modéré – qui ne relève pas d’un handicap social reconnu. La défaillance s’entendra sous l’angle de sa temporalité : provisoire ou durable, unique ou répétée, limitée ou généralisée à d’autres fonctions, brutale ou progressive,

Cette approche du corporel ne peut évidemment ignorer les effets psychiques provoqués sur les principaux intéressés comme sur leur entourage. Elle pose encore la question d’une double prise de conscience. Tout d’abord celle de l’écart, parfois vertigineux, entre le corps réel et le corps imaginaire, puis celle que le   corps n’est pas « immuable », qu’il s’agit d’un corps transitoire, voire provisoire.

Capture d’écran (10)

Tout le programme ici : https://upmail.univ-poitiers.fr/service/home/~/?auth=co&loc=fr_FR&id=8772&part=2

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