PARUTION Dialogue Revue de recherches cliniques et sociologiques sur le couple et la famille

Dialogue

2017/1 (n° 215)

Faire famille en contexte homoparental

L’évolution de la législation en 2013 concernant le mariage des couples de même sexe et l’adoption a « normalisé » ces situations même si l’insémination avec donneur, pour les couples lesbiens, et la gestation pour autrui restent illégales en France. Ce mouvement historique, initié en 1999 avec le Pacs, justifie des recherches sociologiques et anthropologiques visant à rendre compte de ses effets sur les familles dites « homoparentales », qui ne se constituent plus sur les mêmes principes, en genre et/ou en nombre, que la famille traditionnelle nucléaire. Par ailleurs, il paraît urgent que l’approche clinique référée à la psychanalyse s’empare des ces questions, avec ses problématiques propres, car si elle l’a fait en partie dans les débats, de manière souvent empirique et controversée, elle ne s’est pas attelée à de véritables recherches en ce domaine. Elle est également en retard par rapport à la psychologie du développement en ce qui concerne l’approche clinique des enfants de l’homoparentalité pour lesquels de nombreuses études, surtout à l’étranger, existent. Ce numéro privilégiera donc des recherches portant sur l’évolution récente des familles homoparentales d’un point de vue socio-anthropologique ainsi que les recherches cliniques référées à la psychanalyse visant à étudier le « faire-famille » du point de vue tant des parents que des enfants.

Sommaire

Page 7 à 19

Éditorial

Dossier : Faire famille en contexte homoparental. coordonné par Alain Ducousso-Lacaze et Emmanuel Gratton

Page 21 à 35

L’invention du « faire famille » du côté de l’enfant en situation de co-homoparentalité

Page 37 à 52

Clinique des liens familiaux dans une famille lesboparentale

Page 53 à 63

Gestation pour autrui, roman des origines et triple scène

Page 65 à 78

Procréation sans rapport sexuel et fantasmes de scène primitive. Réflexions issues d’une approche clinique de l’homoparentalité

Page 79 à 94

Représentations de la parenté et termes d’adresse dans les familles lesboparentales

Page 95 à 110

Sociabilité et rapport au voisinage dans les familles homo et hétéroparentales

France Inter : Dépression : de nouveaux espoirs ? avec PH KELLER

Dépression : de nouveaux espoirs ?

Fille déprimée

Jadis nommé mélancolie, spleen, c’est un état décrit il y a plus de 2500 ans en Grèce, par Hippocrate : la dépression.

Elle touche plus de 350 millions de personnes à travers le monde. Et près d’une personne sur 5 traversera un épisode dépressif dans sa vie. Mais c’est une maladie qui reste encore méconnue. Un documentaire diffusé samedi prochain à 22h20 sur Arte aborde par exemple la piste inflammatoire cérébrale qui pourrait provoquer une dépression. Nous verrons également ce matin quels sont les facteurs de risque ? Pourquoi certaines personnes développent une dépression après certains événements de la vie et pas d’autres ? Quel rôle joue le stress chronique ? Quelles sont les moyens de prévention ? Comment limiter les conséquences d’une dépression sur la qualité de vie ?

https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-03-avril-2017

Candidature M2 PCC (PRC et CV)

Voilà pour modèle le dossier de candidature

Vous le trouverez à remplir en ligne sur l’application CIELL2 à partir du 8/05

https://ciell2.appli.univ-poitiers.fr/WebCiell2/

Attention la saisie se fait en une seule fois, c’est pourquoi nous vous conseillons de bien préparer au préalable votre dossier

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Modèle :  dossier-de-candidature-m2-pcc-2017-2018

 

Masculinités non-hégémoniques : des configurations ambigües et plurielles, 15 et 16/05/2017, Université de Louvain

Avec Alain Ducousso Lacaze

Les recherches sur les masculinités, font partie d’un champ d’étude qui ne cesse de croître depuis une trentaine d’années partout dans le monde. S’insérant pleinement dans la lignée des études de genre et des études sur la sexualité, elles participent à l’enrichissement des réflexions sur les rapports sociaux de sexe. Si les études de genre ont démontré la multiplicité des formes de féminités et de masculinités, il faut néanmoins dépasser une approche essentiellement typologique afin de mieux comprendre la construction du genre en tant que dynamique sociale et processus relationnel. En ce sens, Raewyn Connell a développé depuis le début des années 1980 sa théorie sur la masculinité hégémonique et les différentes relations au sein des masculinités, soulevant la question des relations de pouvoir comme vecteur d’une dialectique constante au sein des relations de genre. Cette approche relationnelle permet de comprendre la complexité et l’ambigüité des processus en œuvre dans la formation des configurations de genre. Que nous apporte encore aujourd’hui ce cadre théorique et comment est-il mobilisé et réapproprié par la communauté scientifique ? Sous l’intitulé Masculinités non-hégémoniques : des configurations plurielles et ambiguës, ce colloque se concentrera sur la question des différentes masculinités dans nos sociétés, en s’attachant principalement aux figures nonhégémoniques (subordonnées, complices et/ou marginales) et aux relations qu’elles entretiennent avec l’hégémonie. Si les masculinités peuvent également être utiles pour appréhender les expériences des « femmes », ce colloque se concentrera particulièrement sur les expériences des « hommes ». L’objectif sera de travailler sur les nouvelles perspectives proposées par des chercheur.e.s qui, au départ de différentes méthodologies, questionnent les représentations des masculinités et leurs expériences subjectives. Les masculinités ne posent pas les mêmes questions aux disciplines qui les interrogent ; quels sont les terrains d’entente et les constructions communes qui peuvent être trouvés ? Une approche interdisciplinaire sera privilégiée et chaque session sera composée d’intervenant.e.s provenant de disciplines variées (la sociologie, l’anthropologie, l’histoire et la psychologie sociale) afin d’encourager le dialogue et d’approfondir nos regards. Le colloque débutera le 15 mai autour d’une présentation magistrale qui posera les bases théoriques et les enjeux socio-politiques qui se trouvent derrière le genre, et plus particulièrement autour de la question des masculinités. L’intervention sera suivie le lendemain par une journée composée d’une conférence abordant l’étude des masculinités depuis une approche globale, ainsi que de trois sessions thématiques, privilégiant chacune un angle de vue lié à des questions centrales dans la construction genrée des individus dans nos sociétés contemporaines. La première session, intitulée “Idéaux religieux de masculinité” tentera de voir comment les masculinités sont ou ont été expérimentées au sein des religions. Indépendamment de la confession, comment les rôles et représentations des masculinités « religieuses » se réfèrent-ils au(x) modèle(s) de masculinité hégémonique qui domine(nt) dans la société séculière ? Comment les hommes négocient-ils dans leurs pratiques la normalisation de leur identité religieuse, reliée historiquement au sentimentalisme, à l’émotivité, à l’obéissance et au sacrifice de soi ? Y a-t-il un idéal à atteindre pour le croyant (qu’il soit père, mari, travailleur, prêtre) ? Est-ce que les masculinités se construisent sur des oppositions binaires (avec les femmes, avec les laïcs, avec les athées) ? Peut-on y retrouver des éléments de la masculinité hégémonique ? Il s’agira de pointer la coexistence et la succession dans le temps de diverses normes et pratiques des masculinités, dans un dialogue interdisciplinaire. La seconde session, « Pratiques de paternité/parentalité et normes de masculinité, exploration depuis les marges » reviendra sur l’importance d’étudier les hommes et les masculinités dans leurs limites, ici la sphère domestique, espace traditionnellement associé au « féminin ». Les quelques débats qui ont eu lieu sur le sujet ont porté sur la mise en perspective des pratiques des hommes pourvoyeurs de soin avec le modèle proposé par Connell : à quel type de masculinité faut-il les associer ? Ont-elles été absorbées par la masculinité hégémonique ou sont-elles liées à la masculinité complice, parce que tout en revendiquant une parentalité égalitaire, ces pères ne se détachent pas complètement des modèles normatifs dominants ?? Cette session s’ancrera dans le prolongement de ces réflexions, cherchant à situer les relations entre différentes pratiques de paternité/parentalité et formes de masculinité. Enfin, la dernière session « Expériences du corps et de sexualité au-delà de l’hétéronormativité » se concentrera sur la matérialité avec laquelle se construisent nos pratiques et expériences sexuées. L’idée qu’il existe une « masculinité réelle », à savoir une image de l’homme « naturel » hétérosexuel et profondément masculin qui est généralement comprise comme provenant du corps des « hommes », est fortement ancrée dans nos sociétés. Il s’agira de bousculer cette croyance hétéronormative en interrogeant l’expérience que les personnes ont de leur corps et de leur sexualité. La session mettra en avant leurs conceptions variées de la masculinité, et illustrera comment cette pluralité est articulée dans les relations au sein des différents types de masculinités.

Programme :

15 mai 20h00-22h00 Regards sur les enjeux socio-politiques du genre dans les sociétés contemporaines Président de séance : Jacques Marquet (Sociologue, Cirfase, UCL) Discutante : Mara Viveros Vigoya (Anthropologue, Universidad Nacional de Colombia) Conférence inaugurale Éric Fassin (Sociologue, Université Paris VIII) 16 mai 9h00 Accueil des participant.e.s et petit-déjeuner / café-thé 9h15-9h45 Introduction de la journée Accueil par Matthieu de Nanteuil, Président de l’Institut d’analyse du changement dans l’histoire et les sociétés contemporaines Mot d’introduction d’Aurore François (LaRHis & Cirfase, UCL) présentant le caractère interdisciplinaire du Colloque Présentation de la journée par Sarah Barthélemy (LaRHis, UCL – CéSoR, EHESS), Mathilde Van Drooghenbroeck (Cirfase, UCL) et Grégory Dallemagne (Cirfase, UCL) Diffusion d’une capsule/entrevue de Raewyn Connell 9h45-10h30 Les masculinités comme objet d’étude Présidente de séance : Mathilde Van Drooghenbroeck (Sociologue, Cirfase, UCL) Mara Viveros Vigoya (Anthropologue, Universidad Nacional de Colombia) 10h30-10h45 : Pause café 10h45-12h35 Expériences du corps et de sexualité au-delà de l’hétéronormativité Président de séance : Grégory Dallemagne (Anthropologue, Cirfase, UCL) Discutant.e : (à confirmer) Christophe Broqua (Anthropologue, Université Paris Ouest) Homme-femme ou homosexuel masculin ? Grandeur et misère du góor-jigéen au Sénégal Sofia Aboim (Sociologue, Universidade de Lisboa) Masculinités Trans et la fabrication du genre : corporalités non-hégémoniques entre discours et matérialité Françoise Van Haeperen (Historienne, UCL) Ni hommes, ni femmes : les galles de la Mère des dieux dans le monde romain, revisités à la lumière des hijras de l’Inde contemporaine Temps d’échange 11h45-12h05 12h35-13h30 : Lunch 13h30-15h20 Pratiques de paternité/parentalité et normes de masculinité, exploration depuis les marges Présidente de séance : Síle O’Dorchai (Economiste, ULB) Discutante : Laura Merla (Sociologue, Cirfase, UCL) Séverine Mayol (Sociologue, Université Paris Descartes) Alain Ducousso-Lacaze (Psychanalyste et psychologue clinicien, Université de Poitiers) Figures de paternités gays Temps d’échange 14h50-15h10 15h20 – 15h45 : Pause café 15h45-17h30 Idéaux religieux de masculinité Présidente de séance : Sarah Barthélemy (Historienne, LaRHis, UCL – CéSoR, EHESS) Discutante : Silvia Mostaccio (Historienne, LaRHis, UCL) Stefan Meysman et Jonas Roelens (Historiens, Université de Gand) Masculinités, moralités et discursivités pré-modernes. Le modèle Connell face aux sources médiévales et modernes des Pays-Bas méridionaux Béatrice de Gasquet (Sociologue, Université Paris Diderot) Quelles masculinités produisent les synagogues ? Maïté Maskens (Anthropologue, Université Libre de Bruxelles) La production pentecôtiste de masculinités vertueuses à Bruxelles Temps d’échange 17h10-17h30 17h30-18h00 Conclusions et clôture des journées d’étude Laura Merla (Sociologue, Cirfase, UCL) et Silvia Mostaccio (Historienne, LaRHis, UCL)