appel à communication – la violence en famille

La violence en famille

Colloque international, Poitiers

(Université de Poitiers,  CNRS, MSHS-CPER-FEDER Insect, Union Européenne,

Grand Poitiers, Grand Angoulême, Région Nouvelle Aquitaine)

les 10 – 11 – 12 avril 2019

 sous la direction de

Lydie Bodiou (Herma), Frédéric Chauvaud (Criham) et Marie-José Grihom (Caps)

 

La famille est tantôt présentée comme le dernier refuge des hommes et des femmes, dans un monde turbulent et imprévisible, tantôt comme une « institution » passéiste et délétère. Le célèbre cri d’André Gide dans Les Nourritures terrestres (1927) : « Familles je vous hais », dénonce le repli sur soi, les bonheurs égoïstes, les « foyers clos » et les « portes refermées ». La présente manifestation a pour visée de s’attacher à la face sombre de la cellule familiale et de s’arrêter tout d’abord sur les transgressions, puis de traiter de la place, du rôle et des interactions entre victimes et auteurs et enfin de s’interroger sur la place des enfants.

 

Transgressions

 

Dans le célèbre ouvrage de Engels sur L’origine de la famille publié à la fin du XIXe siècle le lecteur découvrait que, dans le cadre du mariage conjugal d’aujourd’hui, « la femme se rebelle contre la domination de l’homme ». Pour lui, la famille monogamique devenait le creuset permettant toutes sortes d’écarts et d’éclats, un peu comme si la transgression, le mot n’était pas utilisé, était inhérente à la famille contemporaine.  Par la suite le thème familial est devenu, à plusieurs reprises, très sensible. Le Haut Comité de la Famille institué en 1939 a voulu promulguer un Code de la Famille, repris par le régime de Vichy. En 1941, on pouvait lire que le Code de la Famille entendait « protéger la famille française par les mesures les plus diverse : « aides matérielle aux chefs de famille, prêts aux jeunes ménages, protection de la « race » (lutte contre l’avortement, l’alcoolisme, les outrages aux bonne mœurs, les stupéfiants),… ». La perception de la famille la place de ses membres est tributaire d’un contexte et d’une époque. La notion de transgression également. Dans les années 1930 des psychiatres pouvaient évoquer « les familles morbides » présentées comme celles où les dysfonctionnements étaient la règle et où les violences se multipliaient. Cette vision permettait de dédouaner toutes les autres familles et de ne pas s’interroger sur les violences latentes ou manifestes. Il est vrai que des dissentiments et violences font partie des « secrets de famille » qui ne sont pas portés sur la place publique et dont les effets s’avèrent pourtant redoutables. Communément, la transgression consiste à passer outre, à ne pas respecter les usages, les coutumes et les lois. Pendant longtemps, battre sa femme ou ses enfants a été considéré comme une manifestation de l’autorité parentale et maritale. Le Code civil de 1804 avait fixé les choses et les transgressions se rapportaient à un emploi excessif de la correction ou de la force entraînant des blessures graves, un handicap ou même la mort. La transgression consiste à ne pas respecter les règles de vie communes à l’intérieur d’une famille en abusant ou en brutalisant l’un de ses membres. Selon Georges Canguilhem, il existe des normes vitales qui ne s’appliquent pas qu’à la santé mais aussi au vivre ensemble. L’infanticide, le parricide, le féminicide, le viol, l’inceste et autres agressions violentes, par le geste ou la parole, constituent des transgressions. Certaines brisent des tabous, d’autres déchirent le contrat moral et juridique qui unit des couples et des générations. La transgression ne fait pas l’objet d’une perception et d’une définition unanimes. Pour les hommes et les femmes du XXe siècle les orgies en famille sous l’Antiquité étaient assimilées à une manifestation transgressive. Aujourd’hui la transgression semble moins claire et, dans la famille, quelles significations peut-on lui donner ? Quels sont les interdits, à la fois dans une dimension spatiale, mais aussi historique, que les hommes et les femmes du passé, comme ceux d’aujourd’hui, ont respecté, ont été obligés de suivre ou bien encore se sont imposés ? On peut se demander si la transgression a été constituée en catégorie morale ? Normes culturelles, psychiques et sociales s’entrelacent et nécessitent, comme l’avait souligné aussi bien Alain Corbin que Michel Foucault, de réfléchir aux limites. La transgression, suggèrent-ils, lève l’interdit mais ne le fait pas disparaître. De son côté, Freud et plusieurs de ses continuateurs ont évoqué la question d’un sur-moi défaillant. La transmission s’est avérée défaillante, rendant possible la maltraitance, la manipulation, l’asservissement, la brutalité. La transgression en famille ne concerne pas que l’intime, elle pose, des origines à nos jours, la question des possibles, des pratiques, de l’inacceptable, de la tolérance du groupe ou de la société et de la répression.

 

 

De la violence en famille aux violences : auteurs et victimes

 

 

Depuis 2013 plusieurs colloques et diverses actions ont été consacrés par notre équipe pluridisciplinaire afin de rendre compte de la violence faite spécifiquement aux femmes (Le corps en lambeaux), nos travaux les plus récents ont porté sur le meurtre de la femme ou féminicide (un ouvrage à paraître « On tue une femme » fin 2018). Mais les violences familiales sont plus larges que les violences conjugales et pourtant elles n’ont pas fait l’objet d’un traitement particulier. C’est en vain que l’on chercherait une histoire des violences familiales. En 1903, Les Archives d’Anthropologie criminelle avait pourtant évoqué la notion de « répression familiale ». Le colloque d’avril 2019 vise à penser ce phénomène à la lumière : des logiques familiales (la famille est une institution, le premier groupe social, elle est à cet égard le creuset du rapport au monde pour les êtres qui la fondent et qui y naissent), des logiques du couple mais aussi de la fratrie, car cette dernière n’est pas exempte de violences sexuelles où la question du consentement est au premier plan, notamment à l’adolescence. Si l’on a longtemps parlé d’atavisme, de facteurs de dégénérescence au XIXe siècle avec le développement de la médecine, si l’on met au premier plan le poids des toxiques dans la commission des méfaits (alcool et autres drogues), il s’agit également de resituer cette violence familiale, quelle qu’en soit la forme, dans une perspective mythologique, anthropologique, philosophique, historique, sociologique et sous l’angle des travaux modernes de psychanalyse familiale notamment. L’ensemble de la mythologie grecque met en forme – dans une dimension constituante du lien social – du mythe d’Abel et Caïn, à l’infanticide de Médée en passant par les trangressions de l’Œdipe de Sophocle la mise en branle d’une violence fondamentale décrite magistralement dans l’œuvre de Shakespeare. Quelques travaux ont abordé par la suite la question de la médiatisation des violences intrafamiliales, ainsi l’ouvrage de A. Damet, La septième porte. Les conflits familiaux dans l’Athènes classique (2012) ou le parricide considéré comme l’exacerbation des violences familiales, du moins pour le XIXe siècle (S. Lapalus). Que sait-on des auteurs (hommes et femmes, adultes ou adolescents) dans leurs relations aux victimes ? Un lien les unit – d’alliance ou de consanguinité – des liens affectifs d’amour, de haine, de possession et de jalousie s’y heurtent, des répétitions intergénérationnelles s’y déroulent, des pathologies y agissent qui conduisent à tuer pour tuer (S. de Mijolla) ou à jouir de la souffrance de l’autre. La victime existe-t-elle en tant que telle en ces cas ou n’est-elle que la pâle figure de l’objet de haine de l’auteur ? L’attention sera focalisée sur les contextes et les lectures plurielles des liens familiaux, conjugaux et fraternels pris dans le cycle de la violence avec leurs interactions destructrices.

 

 

La violence envers les enfants

 

« Le danger que risque de courir l’enfant ou qu’il court dans sa famille est le fondement de l’intervention en protection de l’enfance ; les mauvais traitements sont inclus dans la notion de danger » (ONED). Le premier texte de loi sur la protection des enfants du « premier âge » date, en France, de 1873, mais la grande loi de 1898 punit pour la première fois les ascendants, auteurs de violences, voies de fait et actes de cruauté commis contre leurs enfants (voir la Revue d’Histoire de l’enfance « irrégulière). Depuis de nombreuses législations se sont succédées jusqu’à la loi la plus récente de 2016. « Dès son article 1er, la loi n° 2016-297 du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant apporte une nouvelle définition du sens donné à la protection de l’enfant en plaçant ce dernier au centre de l’intervention. Les nouvelles dispositions légales renforcent la prise en compte de l’enfant et de ses besoins dans un parcours de protection (sécuriser le parcours de l’enfant, assurer une stabilité de vie…) et souhaitent aller dans le sens d’une meilleure cohérence en ce qui concerne les dispositifs, les pratiques et l’articulation institutionnelle. Cependant certaines limites sont à noter comme la difficulté de considérer la situation d’inceste, celle d’identifier et d’accompagner les mineurs privés temporairement de leur famille ou encore celle de la réforme de l’adoption. » Pour autant les chiffres sur la maltraitance restent alarmants ainsi que ceux sur l’infanticide. « 57 homicides sur mineur de moins de 15 ans ont été enregistrés en France métropolitaine par les services de police et de gendarmerie en 2016. Ce nombre a fluctué de manière irrégulière au cours des vingt dernières années, oscillant entre 39 et 106 faits. Sur le passé récent, il a connu un pic en 2015 avec 75 victimes comptabilisées (…), sur la période 1997–2006, ce nombre s’élevait en moyenne à 79 cas par an, tandis qu’entre 2007 et 2016, le volume moyen était de l’ordre de 57 homicides enregistrés chaque année » (Oned). Comment concevoir sous un angle pluridisciplinaire qu’en dépit des dispositifs de protection précocement mis en œuvre (PMI) la place de l’enfant dans sa famille ne soit pas garantie et que la parentalité puisse engendrer des troubles et des handicaps parfois durables (bébé secoué, défaut de soin, etc.) et d’autres transgressions comme la prostitution des mineurs par exemple.

Si le viol-meurtre d’un enfant, révélé par l’affaire Soleilland en 1907, est devenu en quelques décennies le crime le plus épouvantable et le plus honni du public, l’infanticide est, lui, devenu le crime familial le plus abominé par l’opinion publique. Certaines affaires récentes, comme celles des bébés congelés, ont remis au premier plan l’impensable dont il est l’objet, pourtant par le passé les conditions faites aux enfants obligés de travailler à la ferme ou à la mine, dénutris et négligés, abandonnés loin de tout secours ont marqué notre histoire européenne. Pour Jules Vallès, la violence paternelle conduit à la mort la petite Louisette. Pour certains auteurs, une recentration sur la psychologie de la mère permet aujourd’hui de comprendre partiellement ce crime que certains peuples continuent de pratiquer avec les nouveaux-nés filles. D’autres crimes n’ont pas l’évidence de l’assassinat, il en est qui plus sournois, couverts par l’ensemble du groupe familial comme dans le cas de « l’enfant au placard » ou, dans une certaine mesure, dans la triste affaire de « La séquestrée de Poitiers » (André Gide). Il est aussi, dans le silence de la maltraitance psychologique, des « meurtres d’âme » que de grands auteurs ont su traduire que l’on songe à Poil de carotte de Jules Renard ou encore à Vipère au poing d’Hervé Bazin. L’inceste, l’autre transgression centrale au sein de la famille, appelée « les liaisons dangereuses » au XIXe siècle (Fabienne Giulani), peine à être pleinement reconnu, comme l’illustre l’affaire Violette Nozière, tant les enjeux familiaux construisent des digues face aux regards extérieurs et du déni en son sein. Dénoncer, c’est toujours risquer de perdre sa place au sein du groupe. Cette troisième approche sera dédiée à l’étude interdisciplinaire de la violence exercée spécifiquement sur les enfants (maltraitances psychologiques et physiques, inceste, autres formes telles le syndrome de Stockolm). Située au plan historique et sociologique cette violence aux divers visages donnera lieu à l’analyse des mécanismes qui y sont impliqués : enjeux de pouvoir, d’argent, généalogiques, de filiation, narcissiques, etc. tant à travers la clinique des cas que de la littérature. Une perspective critique sur l’évolution du regard contemporain sur la violence faite à l’enfant sera le fil rouge à cette journée.

Le présent colloque se veut véritablement pluridisciplinaire et les propositions historiques, psychologiques, littéraires, juridiques, sociologiques… sont éligibles. Il est demandé de présenter un bref résumé ou intention de 1000 signes et une courte notice bio/biblio de 500 signes.

Les propositions sont à adresser à Lydie Bodiou (lydie.bodiou@univ-poitiers.fr), Frédéric Chauvaud (frederic.chauvaud@univ-poitiers.fr) et à Marie-José Grihom (marie-josé.grihom@univ-poitiers.fr) avant le 15 novembre 2018. Les organisateurs assureront une réponse pour le 14 décembre.

 

 

Save the date ! Les violences en famille 12/04/2019

  • Espace Mendès France : 1 place de la Cathédrale, 86000 POITIERS 12 avril 2019, salle Confluence, 9h-18h 

Modalités d’accès
Tous publics.
Accès libre.

Journée d’études sous la direction de Marie-José Grihom, professeur de psychologie clinique et pathologique, laboratoire Caps, université de Poitiers et Frédéric Chauvaud, professeur d’histoire contemporaine, laboratoire Criham, université de Poitiers.

Dans le cadre d’un colloque international dédié à la question des violences en famille, une journée de réflexion est consacrée à l’étude interdisciplinaire de la violence exercée spécifiquement sur les enfants. Située au plan historique et sociologique, cette violence aux divers visages donne lieu à l’analyse des mécanismes psychiques impliqués : enjeux généalogiques, de filiation, narcissiques, etc. tant au travers de la clinique des cas que de la littérature. Une perspective critique sur l’évolution du regard contemporain à l’égard de la violence faite à l’enfant sert de fil rouge à cette journée.

Organisé par la Maison des sciences de l’Homme et de la société (MSHS), dans le cadre du CPER Insect et d’un colloque international sur la question des violences en famille.

 

Colloque international LES VIOLENCES EN FAMILLE – 10-11-12 AVRIL 2019

Argument et information à venir.

Journée Doctorale EA 4050, 31/05 dernière version

sur 3

Programme de la Journée Doctorale de l’EA 4050

Jeudi 31 Mai 2018 :

« Limite(s) »

MATIN
SALLE DE CONFÉRENCE
09h-09h30 : Accueil des participants ; café de bienvenue
09h30-09h45 : Discours d’ouverture par le Pr. Alain Ducousso-Lacaze
09h45-10h45 : Communication « Crime à l’adolescence et transgression de limites » par Marion Haza (MCF, HDR)
Discutants : Dr JM Dupeu, psychanalyste et psychiatre ; Pr JB Chapelier
10h45-11h15 : PAUSE
11h15-11h45 : Communication « La scène de ménage, une expérience limite entre conjoints » par Louise Atani, docteur en psychopathologie clinique à l’université de Poitiers
11 h 4 5 – 1 2 h 1 5 : C o m m u n i c a t i o n « L e s l i m i t e s d e l i b e r t é : surdétermination, symptôme et servitude dans l’œuvre de Jacques Lacan » par Mauricio Rugeles Schoonewolff, doctorant en 3 ème année à l’université de Rennes
Discutants : Pr. P. Martin Mattera ; Dr J.L. Nouvel, pédopsychiatre
12h15-14h : PAUSE DEJEUNER
APRES-MIDI
SALLE GUILLAUME DE TROUBADOUR
Discutants : Louise Atani, docteur en psychopathologie clinique à l’université de Poitiers ; Marie Souchard, en doctorante 3 ème année à l’université de Poitiers ; Léa Magnant, doctorante en 1ère année à l’université de Poitiers
14h-14h30 : Communication « Une limite qui fait ouverture » par Christilla Holtzmann, doctorante en 2ème année à l’université de Rennes
14h30-15h : Communication « « Toucher la limite : Arsène, un préadolescent en psychothérapie » par Mélanie Georgelin, doctorante en 3ème année au laboratoire PCPP à l’Université Paris Descartes et ATER à l’Université de Poitiers

15h-15h30 : PAUSE
15h30-16h : Communication « Considérations sur la différence de langue » par Alexandre Faure, doctorant en 1ère année à l’université de Rennes
16h-16h30 : Communication « La transmission psychique comme enjeu narcissique entre soi et autre » par Eva Roy, doctorante en 3ème année à l’université de Poitiers
 ou
SALLE GARGANTUA
Discutants : Pr JB Chapelier ; Mélanie Georgelin, doctorante en 3ème année à l’université de Poitiers ; Romain Gady, doctorant en 2ème année à l’université de Poitiers
14h-14h30 : Communication « Familles-limites, enfants en souffrance, quels aménagements dans la fonction du psychologue clinicien ? » par Tiphany Berger Perpete, doctorante en 2ème année à l’université de Poitiers
14h30-15h : Communication « La possession démoniaque, un objet de recherche à la limite des catégories épistémologiques » par Marie Tremelot, doctorante en 1ère année à l’université de Rennes
15h-15h30 : PAUSE
15h30-16h : Communication « Fernando Pessoa, l’écriture comme « limite » du possible. Une lecture modale » par Fanny Réguer, doctorante en 3ème année à l’université de Rennes
16h-16h30 : Communication « Distorsions poétiques » par Gireg Bergeault, doctorant en 1ère année à l’université de Rennes

Colloque : Récits de souffrance et de guérison 5/6 avril, Poitiers

Narratives of Suffering and Recovery: How Qualitative Studies and Literature Enrich Contemporary Psychology
Récits de souffrance et de guérison : Une contribution des études qualitatives et littéraires à la psychologie contemporaine

Au regard de son développement au 20ème siècle, la psychologie contemporaine a désormais
recours à une plus grande diversité de méthodes d’investigation, de constructions et de finalités
théoriques. Alors que les études expérimentales et la démarche hypothético-déductive demeurent
un paradigme de référence pour la discipline, de nombreux ouvrages de méthodologie qualitative
en psychologie (e.g. Smith 2015; Howitt 2012), et un nombre croissant de publications s’y référant
(e.g. Rennie et al. 2002), témoignent d’un intérêt conséquent pour des stratégies de recherche
alternatives. Ces méthodes qualitatives se sont dotées de critères d’évaluation de leur crédibilité
(Santiago-Delefosse et al. 2015) afin de favoriser leur diffusion scientifique dans des revues
propres à la discipline, et dans d’autres domaines connexes (notamment en médecine et en
neurosciences). Bien qu’elles aient gagné en visibilité et en reconnaissance dans le monde Anglo-
Saxon ces deux dernières décennies, la contribution de ces méthodes qualitatives à la psychologie
contemporaine semble être encore peu reconnue en France (Santiago-Delefosse & del Rio Carral
2017). Ce symposium se propose de présenter quelques-unes de ces approches qualitatives, en
invitant des chercheurs et cliniciens de plusieurs universités européennes qui les pratiquent :
l’Analyse Phénoménologique Interprétative (IPA), la psychologie narrative, l’analyse discursive et la
théorie ancrée. Il s’agira de présenter ces stratégies de recherche qualitative en psychologie, leurs
démarches vis-à-vis des récits individuels ou collectifs et leurs éclairages sur les pratiques cliniques
concernées. Une approche psychanalytique du contre-transfert et des méthodes projectives
contribuera à cette réflexion méthodologique plurielle à partir de l’étude de cas. Les fondements
épistémologiques de la psychologie qualitative seront aussi présentés, indiquant leurs liens avec
une reconnaissance grandissante de l’importance du langage dans les sciences humaines, ses
implications symboliques dans le lien social, et la fabrication du sens inhérente à toute situation
psychologique. Considérant l’impact d’une diffusion généralisée de l’information sur Internet, les
possibilités de ce « tournant discursif » en psychologie (Ashworth 2015) sont d’autant plus
actuelles pour la discipline. Une diversité de récits constitue ainsi l’occasion d’une investigation
qualitative en psychologie : blogs, forums, communautés d’internautes et discours de sites plus
officiels (comme dans le champ de la médecine, par exemple). La considération de la psychologie
qualitative pour les récits individuels et collectifs, comme matériel de recherche, l’incite à nourrir
un dialogue avec d’autres disciplines dont le travail porte spécifiquement sur l’interprétation des
écrits et de leur contexte d’énonciation. Les recherches littéraires sont à cet égard d’un intérêt
précieux pour la psychologie, en permettant d’approcher les récits en tant que textes, produits
d’une constante activité de construction symbolique des interactions humaines. Cette lecture de
l’influence du langage – au travers des actes de discours – est d’une aide toute particulière pour les
cliniciens travaillant au contact de demandes de soin intriquées dans des histoires singulières. La
médecine narrative (Narrative-Based Medicine, cf. Sharon 2006 et Greenhalgh 1999), en tant que
développement de la médecine fondée sur les preuves (Evidence-Based Medicine), illustre à cet
égard la pertinence d’un tel dialogue interdisciplinaire et ses opportunités d’enrichissement des
pratiques cliniques aujourd’hui.
Nicolas Dauman, Université de Poitiers, EA4050.

Programme :
Day 1: Narratives in Clinical Settings
1ère Journée : Récits de patients dans les pratiques cliniques
9h – 9h15
Pr. Alain DUCOUSSO-LACAZE, Université de Poitiers (France)
Mots d’introduction du Directeur du CAPS-EA4050.
Keynote Speech from CAPS-EA4050 Director.
9h15 – 9h30
Dr. Nicolas DAUMAN, Université de Poitiers (France)
Introduction: The Recognition of Narratives by Contemporary Psychology.
Introduction : La considération de la psychologie contemporaine pour le récit et les actes narratifs.
9h30 – 10h45
Pr. Jonathan SMITH, Birkbeck University of London (England)
Trying to Make Sense of Pain: the Development and Application of Interpretative
Phenomenological Analysis (IPA) in Psychology.
Une recherche de sens dans l’expérience de la douleur: le développement et l’application de l’Analyse
Phénoménologique Interprétative (IPA) en psychologie.
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Coffee break: 15 min
Pause café : 15 min
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11h15 – 12h
Dr. Marion HAZA, Université de Poitiers (France)
Maniement du contre-transfert dans l’étude de cas en clinique psychanalytique.
Handling Countertransference in Case Studies of Psychoanalytical Clinic.
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Lunch break: Noon – 2:00 p.m.
Pause déjeuner : Midi – 14h00
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14h00 – 14h45
Dr. Niclas HAGEN, University of Gothenburg (Sweden)
The Lived Experience of Huntington’s Disease: A Phenomenological Perspective on Genes, the
Body, and the Lived Experience of a Genetic Disease.
L’expérience subjective de la maladie de Huntington : une perspective phénoménologique sur les gènes, le
corps et le vécu d’une maladie génétique.
14h45 – 15h30
Dr. Johanna SPIERS, Birkbeck University of London (England)
Exploring the Experience of Living With and Being Treated for End-Stage Renal Disease: Traditional
and Innovative Interpretative Phenomenological Analysis. »
Exploration de l’expérience subjective de la maladie rénale en phase terminale et de son traitement :
l’Analyse Phénoménologique Interprétative (IPA) entre tradition et innovation.
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Coffee break: 15 min
Pause café : 15 min
15h45 – 16h30
Pr. Gudrun OLSSON, Strömstad Academy (Sweden)
Narratives of Regret in a Psychotherapeutic Context.
Les récits de regrets exprimés dans un contexte psychothérapeutique.
16h30 – 17h15
Dr. Élise PELLADEAU, Université de Poitiers (France)
Travail du récit et récit au travail dans les épreuves projectives : des fondements méthodologiques
aux leviers thérapeutiques.
The Working Through of Patients Narratives in Projective Methods: from Methodological Grounds to
Therapeutic Means.
Day 2 : Constructing / Deconstructing Narratives
2ème Journée : Construire / déconstruire les récits que nous produisons
9h00 – 10h15
Pr. Marie SANTIAGO DELEFOSSE, Université de Lausanne (Suisse)
Recherche qualitative en psychologie, des fondements épistémologiques aux critères de qualité.
Qualitative Research in Psychology: from Epistemological Grounds to Quality Criteria.
10h15 – 11h00
Pr. Soly ERLANDSSON, West University, Trollhättan (Sweden)
Behind Words: Challenging the Hegemonic View on Children with Conduct Disorders.
Les enjeux discursifs et les défis d’une vision hégémonique des troubles de la conduite chez l’enfant.
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Coffee break: 15 min
Pause café : 15 min
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11h15 – 12h00
Dr. Nicolas DAUMAN, Université de Poitiers (France)
La découverte de la frustration dans les récits de patients souffrant d’acouphènes : une illustration
de la théorie ancrée (Grounded Theory).
Discovering Frustration in Narratives of Patients Suffering from Tinnitus: an Example of Grounded Theory.
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Lunch break: Noon – 2:00 p.m.
Pause déjeuner : Midi – 14h00
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14h00 – 14h45
Dr. Jarmila MILDORF, University of Paderborn (Germany)
Narrative and Human Communication: Linguistic Perspectives.
Récit et communication humaine: perspectives linguistiques.
14h45 – 15h30
Pr. Christine BARON, Université de Poitiers (France)
La littérature comme moyen de résilience… ou pas.
Literature as a Means of Resilience, or is it?
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Coffee break: 15 min
Pause café : 15 min
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15h45 – 16h30
Dr. Christoph SINGER, University of Paderborn (Germany)
The I Outside Time: Silence as Recovery in Sebald and Federman.
Se retrouver, en dehors du temps : le silence comme restauration de soi chez Sebald et Federman.
16h30 : Conclusion of the Symposium
Conclusion du Symposium

« Le soin dans tous ses états », Poitiers, 23/11/17

Table ronde : »Le soin dans tous ses états »

jeudi 23 novembre 2017 à 20h30.

Avec Dolorès Albarracin,  psychanalyste,

Ingrid Auriol, professeure agrégée de philosophie et 

Brigitte Greis, infirmière libérale à Poitiers.

 

Espace Mendès France

1 place de la Cathédrale

86000 POITIERS

Entrée libre et gratuite

Le féminicide – colloque Jeudi 28 septembre 2017 – Poitiers

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9 h – Accueil

9 h – 10- 9 h 35 : Ouverture : Catherine Coutelle, Yves Jean,

9 h 35 – Introduction : Lydie Bodiou, Frédéric Chauvaud, Ludovic Gaussot, Marie-José Grihom

Matin

La volonté de savoir. Discours et débats

Président de séance : Ludovic Gaussot

9 h 45 – 10 h 10 ■ Féminicide : impunité et responsabilité sociétale

Marylène Lapalus (Université Lyon 2)

10 h 10 – 10 h 35 ■ Féminicide, fémicide ou homicide au Chili (2006-2010)

Myriam Hernãndez Orellana (Université Paris Est)

10 h 35 – 10 h 55. Débats et Pause

Présidente de séance : Marie-José Grihom

10 h 55 – 11 h 20 ■ Des dissonances juridico-politiques dans le débat français sur le féminicide

Amélie Bescont (Université Paris Diderot – Sciences Po) et Taiana Marcon (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

11 h 20 – 11 h 45 ■ Le discours onusien sur les violences familiales. Féminicide : du crime d’honneur au crime passionnel

Aurore Schwab (Université de Genève)

Débats – 11 h 45 – 12 h 15

 

Après Midi

La volonté de comprendre. Pratiques et représentations

 Président de séance : Frédéric Chauvaud

13 h 55 ■ Aux sources du féminicide en Islam :  le Waad

Sofiane Bouhdiba (Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis)

14 h 20 ■ Tuez-les ! Les crimes contre les femmes au siècle des Lumières, l’exemple du Poitou

Fabrice Vigier (Université de Poitiers)

14 h 20 – 14 h 45 – Débats et Pause

Présidente de séance : Lydie Bodiou

14 h 45 – 15 h 10 ■ La guillotine contre le féminicide ? Regard sur les victimes féminines des condamnés à mort (France, 20ème siècle)

Nicolas Picard (Université Paris I)

15 h 10 – 15 h 35 ■ Narrer le féminicide au Mexique : un art de l’urgence

Cathy Fourez (Université Lille III)

15 h 35 – 15 h 55– Débats

15 h 55 – 16 h 15 – Conclusions : Laurie Laufer et Beatriz Santos

Journée d’étude Corps et Cancer, Le prix de la guérison – 23/011/2017, Poitiers

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Les progrès de la médecine ont permis d’augmenter considérablement la survie des personnes atteintes de cancer. Pourtant, peu de travaux sont consacrés aux enjeux de la guérison. Du point de vue subjectif, le coût d’une telle expérience se révèle bien à distance de la fin du traitement: guérison physique et guérison psychique ne connaissent pas toujours le même destin. Par ailleurs, guérir n’a pas le même sens pour le patient, la famille ou le soignant: le regard du médecin et du psychologue, mais aussi celui du philosophe et de l’historien s’avèrent précieux pour comprendre ce que guérir veut dire. Enfin, les innovations thérapeutiques en oncologie entraînent un coût social qui bouleverse l’économie de la santé et accentue les inégalités,effets que la sociologie permet d’éclairer. Guérir donc, mais à quel prix ? La question, complexe, exige une approche interdisciplinaire, rendue possible lors de cette Journée grâce au Programme CPER-FEDER «Déficience, handicap, violence: le corps à l’épreuve », porté par les laboratoires CAPS, HERMA et CRIHAM de l’Université de Poitiers.

Programme : document

Colloque « Au delà du corps: Figures du corps augmenté dans la BD » – 5, 6 et 7 décembre 2016 à Angoulême

Figures du corps augmenté dans la BD

 

Colloque scientifique proposé par l’Université de Poitiers, la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société, la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, le Pôle Image Magelis, le Centre Universitaire de la Charente, le département de la Charente – dans le cadre du programme INSECT (CPER 2015-2020).

Responsables scientifiques du colloque:
Marion HAZA (Maître de Conférence en psychologie à l’Université de Poitiers) et Denis MELLIER (Professeur en littérature générale et comparée à l’Université de Poitiers)

Programme:

Lundi 5 décembre

13h45 : accueil
14h : ouverture du colloque
14h15 : présentation du colloque
Marion HAZA (Psychologue clinicienne, MCU Poitiers, EA4050 CAPS) et Denis MELLIER (Professeur de littérature générale et comparée à l’Université de Poitiers)

Histoires et formes culturelles de l’augmentation graphique

Discutants : Nicolas DAUMAN (Maître de conférences en psychologie à l’Université de Poitiers) et Frédéric CHAUVEAU (Professeur d’Histoire à l’Université de Poitiers)

14h30 Homo hieroglyphicus : vecteurs, chandelles et tourbillons
Thierry SMOLDEREN (Scénariste, Professeur à l’EESI)
15h10 débats-discutants
15h30 « The body in Pop Art Comics in the Sixties » – communication en Anglais – Hugo FREY (Professeur d’Histoire à l’Université de Chichester, Angleterre)
16h10 débats-discutants
16h30 pause
16h45 Métabarons et Technopères : corps, appareil, technologies chez Jodorowski – Denis MELLIER (Professeur de littérature générale et comparée à l’Université de Poitiers)
17h25 débats-discutants
17h45 fin de la journée

Mardi 6 décembre

Normes et genres : comics et mangas

Discutants : Alexandre LEVY (Maître de conférences en psychologie à l’Université d’Angers)
et Patric CLANET (Directeur de l’EESI)

9h30 Fragmentation de l’être, mémoire et identité dans les mangas – Alexandra AÏN (Doctorante Mica – Université Bordeaux Montaigne)
10h10 débats-discutants
10h30 Quand la BD figure l’archaïque : Iron Man, son double et la confusion identitaire – Florian HOUSSIER (Psychologue, psychanalyste, Professeur à Paris 13)
11h10 débats-discutants
11h30 pause
11h45 L’envers du corps super-héroïque : les super-pouvoirs aux prises avec la réalité du délitement – Camille BAURIN (Docteur en littérature comparée, Bibliothèque Václav Havel, Paris 18e)
12h25 débats-discutants

12h45- 14h30 pause déjeuner

Hybridations : corps, formes, discours

Discutants : Pascal-Henri KELLER (Professeur émérite en psychologie à l’Université de Poitiers)
et Luc VIGIER (Maître de conférences en littérature française à l’Université de Poitiers)

14h30 La transgression du corps dans l’imaginaire des bandes dessinées : une lecture de l’être en tant que limite – Judith NICOGOSSIAN (Docteur en anthropologie).
15h10 débats-discutants
15h30 Ghost In The Shell, Druuna : l’érotisme de la simulation dans la bande dessinée – Johann CHATEAU-CANGUILHEM (Docteur en esthétique, laboratoire MICA, Université Bordeaux Montaigne).
16h10 débats-discutants
16h30 pause
16h45 Typologie du presque-humains : mangas et animés changent-ils la donne? – Thierry HOQUET (Professeur des Universités Paris Ouest Nanterre La Défense, Membre de l’Institut Universitaire de France)
17h25 débats-discutants
17h45 fin de la journée

Mercredi 7 Décembre

Corps extrêmes et représentations limites

Discutants : Jacky FILLON (psychologue)
et Anne-Cécile GUILBARD (Maître de conférences en littérature française à l’Université de Poitiers)

9h30 Quand les corps augmentés de la BD s’incarnent
Marion HAZA (Psychologue clinicienne, MCU Poitiers, EA4050 CAPS)
10h10 débats-discutants
10h30 « Du devenir-parasyte » (autour du manga Parasite de Hitoshi Iwaaki) – Antonio LLEIVA (professeur à l’Université du Québec à Montréal, UQAM, Canada)
11h10 débats-discutants
11h30 pause
11h45 Comics for the Anthropocene?: Media Archaeology and Deep Time in Where the Tides Ebb and Flow (A. Breccia), Meteorologias (D. Conefrey) and Here (R. McGuire)
Arnoud ROUMENS (BEIP-Cofund Post-Doctoral Fellow, ACME Research Group, Faculté de Philosophie et Lettres, Université de Liège)
12h25 débats-discutants

13h00 fin du colloque