Séminaires 2012-2013

06/06/13 Amandine GAUVRIT – Les corps à corps adolescents avec les pairs

A l’adolescence, le corps est au centre des préoccupations, de par le
bouleversement pubertaire. C’est aussi le temps de se détacher des
parents et aller vers les pairs, l’entrée au collège étant un
véritable lieu de vie et de rencontres pour les jeunes. Face aux
changements corporels, et aux remaniements psychiques, il s’agit là
d’une épreuve pour l’identité qui vacille. Des phénomènes
groupaux apparaissent, comme celui du bouc émissaire. Dans ces
phénomènes, la question de l’identité et de l’identité sexuelle
est questionnée, et les failles du souffre-douleur font écho aux
autres, qui les évacuent en mettant à distance celui qui rappelle
ces failles. Certains se retrouvent dans cette position d’exclusion,
sur un versant de passivité, difficilement supportable. Pour
certains, face à la passivité à laquelle ils sont contraints de par la puberté,
cette idée leur est inacceptable, et ont recours aux actes. Agir
serait alors un moyen défensif face à ce vécu de passivité,  et
en même temps serait un moyen de déliaison, c’est-à-dire d’éviter
de penser : on ne pense pas, on agit. Dans cet exposé, ces deux
axes de passivité et d’activité sont étudiés, et étayés de vignettes cliniques d’adolescents
rencontrés en C.M.P, en faisant l’hypothèse que ces agirs se
trouvent nécessairement porteurs d’un sens à décrypter, rôle
que nous avons en entretien avec eux.

06/06/13 Paul BERA et Olivier Glücklich – Les modifications corporelles

 Il semble que depuis que l’espèce humaine s’est rassemblée en groupes sociaux, elle ait adopté des pratiques modifiant le corps dans son aspect. Ainsi comme l’écrivait Claude Levi-Strauss à propos d’une tribu brésilienne « Il faut être peint pour être un homme, celui qui restait à l’état de nature ne se distinguait pas de la brute. »Cependant, des êtres humains cherchent à abolir cette différenciation d’avec le règne animal en modifiant leur propre corps pour devenir indifférencié. Si l’on considère la citation de Claude Levi-Strauss, il s’agit là d’un paradoxe. En effet, si l’objectif des altérations corporelles est de se différencier du règne animal, comment considérer les pratiques qui visent à réduire cet écart ? L’ensemble de ces modifications nécessitent le recours à l’acte chirurgical. Le sujet doit alors altérer une partie de son corps et de sa chaire, voir la supprimer, pour pouvoir s’établir dans sa nouvelle identité. Créé au début du 21ème siècle par Lukas Zpira, sous l’impulsion de Riyochi Maeda, le terme body hacktivisme est né de la nécessité de définir une mouvance d’artistes, de chercheurs et de penseurs travaillant autour des mutations et utilisant  les modifications corporelles comme médium.

Les théories du stade du miroir et du Moi Peau peuvent servir de base pour analyser ces pratiques.

04/2013  William Tessier, Ysaline Demain, Mélanie Blanchard – LA NUDITE, LE NUDISME, LE NATURISME

 C’est autour de l’ouvrage « Vivre Nu – Psychosociologie du naturisme » (1987), de Marc Alain Descamps, professeur de philosophie, de psychologie et psychanalyste que nous avons choisi d’élaborer une réflexion sur les enjeux psychiques de la vie dans la nudité. Au travers de plusieurs concepts, l’image stéréotypé et péjorative de cette pratique se déconstruit pour laisser apparaître d’éventuelles caractéristiques psychiques. Au regard de l’Histoire, le fait de vivre nu à laissé place à la vie habillé, où le corps se recouvre de vêtement et signe la frontière entre l’animal et l’homme et déclenche par la même une forme de sacralisation de ce corps. On peut ainsi poser comme question, qu’il s’agit d’une pulsion scopique magnifiée, sublimé  car maitrisé dans son rapport à l’autre. L’enjeu du regard devient la seule source de jouissance possible. La pulsion scopique appréhendée par la théorie du stade du miroir de Lacan nous amène à faire le parallèle entre la nudité et le vêtement. Ce dernier vient recouvrir le corps devenu unifié après le Stade du miroir.

Nous nous sommes posés la question de ce qu’il en est de cette perception unifiée du corps alors que le vêtement n’est pas là pour masquer ces orifices. Notamment de la relation à l’autre qui pourrait être perçu comme un double spéculaire, en se définissant avant tout par le regard posé sur ces orifices érogènes normalement cachés.

Au niveau de la question de la pudeur, il semble que cette pratique favorise l’acquisition du schéma corporel, car l’enfant peut tester la limite entre l’espace interne et externe. . De plus, la question de la pudeur est  primordial dans la compréhension de cette pratique. Il semble que le désir mobilisé par leurs pratiquants semble résider dans la recherche de vérité, d’écarter le mensonge sur eux –même et sur les autres, que le voile du vêtement impose. Selon les différents mythes étudiés par Descamps, se montrer nu est naturel, c’est le voyeurisme qui est une faute.

 L’inconscient naturiste existe-il ? Descamps théorise à sa manière, étant lui-même naturiste ce que pourrait être l’inconscient naturiste. « Les psychanalystes, dans leur référence à Freud, semblent craindre la découverte de la nudité des parents par les enfants. Mais il ne faut pas confondre le comportement et l’inconscient. L’expérimentation internationale des naturistes nous montre qu’il n’y a aucun problème, si les enfants de naturistes sont habitués dès leur naissance au naturel de la nudité familiale. Ils ont même une attitude beaucoup plus saine que les autres dans la vie en général et en matière de sexualité. »

 Il fait donc l’hypothèse chez le sujet naturiste d’un  inconscient dont la structure est principalement narcissique, érotique, mais surtout obsessionnel (au sens freudien). Narcissique puisque accepter de se montrer nu demande une certaine complaisance de soi-même. Erotique car les fortes pulsions venant du ça place la sexualité au centre de la vie quotidienne. Cependant, le surmoi leur impose une retenue et une rigidité qui se traduit par l’organisation sociale et moral, où le regard est la seule source de jouissance toléré. Ces mécanismes de défense sont solides et la sublimation semble rigide. On peut ainsi penser que la satisfaction visuelle permet une sublimation et suffit à dispenser d’un éventuel passage à l’acte.

07/02/13 Pauline GRABOWSKI et Pierre BERNARDEAU – Le corps et le groupe mis en scène sur l’espace public : le phénomène « flashmob »

La société actuelle propose des espaces de transit où les individus sont appréhendés comme des objets à déplacer d’un point à un autre. Aussi nous nous interrogeons sur la place du corps dans les espaces publics. Ce travail propose une lecture du phénomène « Flashmob » à partir de deux notions: l’espace d’une part, le groupe d’autre part.

 L’événement « flashmob » invite certains individus à jouer de leur corps sur et dans l’espace publique (la gare, l’aéroport…). Un espace qualifié par Marc Augé de non-lieux c’est-à-dire un espace qui ne se raconte pas. Aussi pouvons-nous penser que cette « mobilisation éclair » est une tentative de mettre en récit et donc en mémoire un espace qui se voudrait seulement fonctionnel. Cette mise en scène festive des corps en un groupe transforme la gare, par exemple, en un lieu qui se parle et s’inscrit dans l’après coup sur les réseaux sociaux et sites internet tel que « Youtube ».

D’autre part, les corps mis en scène, qui tendent à s’organiser telle une foule de type conventionnelle, ont la particularité et l’authenticité, d’inviter les passant à mettre en scène leur propre subjectivité (en poursuivant leur chemin, en rejoignant l’excitation maniaque des participants, ou simplement en les contemplant, comme on contemplerait un réel innommable). La rencontre entre les participants et les passants formerait donc cet espace transitionnel, reconstitutif de la fonction du Je, du Moi.

 L’hypothèse principale de notre travail consiste à envisager la modernité de notre société  comme individualiste et restrictive, suscitant chez chacun de nous une forme d’angoisse de morcellement, dont certains individus tentent de surmonter par la constitution créative d’une unité et d’une identité groupale.

 http://www.youtube.com/watch?v=VQ3d3KigPQM

 http://www.youtube.com/watch?v=jwMj3PJDxuo

 http://improveverywhere.com/

 

07/02/13 Pauline BAUCHET et Lola CAPITAINE – Rapports de la femme avec ses vêtements

L’être humain est la seule espèce à renouveler chaque jour sa parure ; et le vêtement, cette seconde peau, n’est jamais choisi au hasard. Appartenant à la fois au-dedans et au dehors, il protège l’espace intime et ouvre sur l’espace social.Si pour certaines femmes, le vêtement est un faire-valoir de la féminité et une expression créative de l’image de soi, pour d’autres il est un tyrannique objet de collection ou un pansement chatoyant recouvrant des blessures narcissiques.

Afin de comprendre la relation de la femme à son vêtement et à sa féminité, il faut alors s’interroger sur les relations précoces de la femme en question, et sur la construction identitaire qui en a découlé. Dans un premier temps, nous évoquerons l’importance des regards maternels et paternels dans l’édification du Moi. Puis concernant cette question de la construction identitaire, nous aborderons ce qui se joue durant l’enfance et l’adolescence. Enfin, nous tenterons d’éclairer que l’achat compulsif de vêtements (le « rien à me mettre ») renvoie à un manque à être, caractérisé notamment par la recherche d’une vision idéale de soi et du désir de l’autre.

 http://www.arte.tv/fr/eloge-de-la-jupe/3857540,CmC=3857590.html

 

07/02/13 Léa VOGEL et Manon FORT – Les télé-réalités de la chirurgie esthétique

 » Qu’est-ce qui poussent les individus, de plus en plus nombreux, à participer à des émissions de télé-réalités sur la chirurgie esthétique ? Qu’est-ce qui poussent également les autres individus à regarder ce genre de programmes audiovisuels, atteignant ainsi des scores d’audience de plus en plus importants ? Besoin de changement ? De médiatisation ? Une estime de soi défaillante ? Ce genre d’émission devient davantage présente et fréquente dans le paysage audiovisuel, et ce au niveau mondial.
Depuis trois mille ans jusqu’à nos jours, la chirurgie esthétique évolue avec l’avancée scientifique que nous connaissons actuellement. Le culte de l’image du corps et l’importance accordée au regard de l’autre motivent à passer le cap de la chirurgie ; celle-ci étant devenue plus accessible dans un contexte presque banalisé de son utilisation.
En retraçant l’évolution de l’utilisation de la chirurgie esthétique selon les époques et à travers la référence au stade du miroir de Lacan, les positions exhibitionniste et voyeuriste, en passant par la pulsion de voir conceptualisée par Freud, nous avons tenté de comprendre ces phénomènes actuels – de recours à la chirurgie esthétique et de succès et participation à des télé-réalités – qui occupent une place de plus en plus centrale voire banale. »

Voici le lien de la vidéo transmise durant l’exposé : https://www.youtube.com/watch?v=M3Lmi4Kb14g

 

10/01/13 Isabelle JADAUD et Maité PERSAULT – Reconstruction mammaire après un cancer du sein

 

10/01/13 Camille AUBAT et Caroline MOCQUERY – Le corps dans la maternité

Nous avons fait le choix de vous présenter notre travail sur le vécu corporel de la femme durant la grossesse. Thème encore peu abordé dans les ouvrages. La grossesse est une période où le corps subi des changements de manière rapide et importante. A travers ce travail, nous nous intéresserons davantage au vécu de ces transformations corporelles qu’aux transformations en elles-mêmes.
Dans une première partie, nous vous présenterons, à partir de témoignages lus sur internet, l’importance du regard de l’autre en lien avec le vécu des modifications corporelles, la question de la maitrise du corps mais également ce que fait ré émerger la grossesse chez une femme au niveau de l’identification à sa propre mère.
Dans une seconde partie, nous aborderons des cas plus pathologiques de vécus corporels tels que les dénis de grossesse et les angoisses plus préoccupantes que peuvent véhiculer les transformations corporelles. A l’appui nous évoquerons l’exemple de femmes ayant subi une mort in-utéro lors d’une précédente grossesse et un exemple observé chez une femme psychotique.

 

13/12/12 Brigitte BELLOT et Isabelle MORHANGE GIESSINGER – Le binje drinking

Des questionnements sur la pratique du binge drinking chez les jeunes nous amènent à le définir et à l’étudier : les origines, les effets néfastes chez un sujet, les moyens mis en place pour lutter contre cette nouvelle culture « de la défonce » mais aussi les incitations d’une consommation d’alcool. A la lecture de la littérature, le binge drinking s’inscrirait dans une démarche sociale. L’usage excessif d’alcool en un temps record a pour objectif premier l’ivresse, « la défonce ». Des questionnaires auprès de quatre jeunes viendront valider, en partie, nos recherches et permettront d’amener la clinique dite « nouvelle clinique de l’alcool », laquelle interroge sur les changements apparus dans le type de lien social et le mode de relations sociales autour de l’alcool et non pas les effets du produit.
Ces pratiques d’alcoolisation sont indissociables d’un nouveau mode de lien social, centrées sur la personne dans son rapport aux autres, sa conduite en lien avec la sociabilité. Cette ivresse est-elle une pathologie individuelle, ou collective ? Peut-être le reflet d’une société en perte de repères, qui n’a pas su proposer des rituels sociaux régulateurs à sa jeunesse, et l’a abandonnée à un mode d’être consumériste. La jeunesse, comme reflet d’un malaise de la civilisation est alors stigmatisée par les adultes mêmes qui ont mis en place cette logique sociale nous invite à questionner les effets subjectifs de notre inclinaison sociale prise dans une jouissance à tout prix et sans limite : évitement de la castration.
La tendance contemporaine tend à rejeter la castration et par là tend à effacer la division du sujet en le libérant de l’inhibition et du refoulement. Nous faisons l’hypothèse que le binge drinking correspondrait à une solution actuelle proposée par la société de consommation, dont le jeune sujet se saisit dans une société individualiste qui ne lui propose pas de rituels, ne lui impose pas de limite et qui a peur de vieillir.
Laisser les jeunes s’anesthésier et se détruire, n’est-ce pas une solution que les adultes responsables finalement proposent inconsciemment à la jeunesse pour éviter qu’elle ne revendique trop tôt la place, dans une société en crise. Ce en conjonction avec l’incapacité de l’adulte contemporain à poser des limites aux représentants de son propre infantile pulsionnel ?

 

13/12/12 Pauline LAMOURE, Mathilde SEGUIN et Audrey THOMAS – Our body / À corps ouvert

Suite à la polémique suscitée par l’arrivée, en France, de l’exposition « Our Body : À corps ouvert », nous avons souhaité rééclairer le débat à la lumière de la clinique et de la théorie. Partant de l’interrogation « Qu’implique la monstration du corps réel ? », nous avons proposé l’ébauche d’une réponse en présentant, dans un premier temps, l’exposition elle-même et les réactions qu’elle a suscitées auprès des visiteurs. Dans un second temps, nous avons présenté une brève biographie de Günther Von Hagens : créateur de l’exposition et de la technique de plastination. Dans un troisième temps, nous avons adopté un point de vue plus historique afin de démontrer en quoi les travaux de Günther Von Hagens s’inscrivent dans la filiation directe des travaux de la Renaissance et de l’histoire de l’anatomie. Par la suite, les aspects plus théoriques de notre présentation, nous ont permis de soutenir certaines de nos hypothèses, en lien notamment avec une forme de jouissance et l’impossibilité d’avoir un accès à l’imaginaire et à la parole face à cette exposition de corps dont l’identité a été annulée. Enfin, en partant du concept de sublimation nous avons tenté d’éclairer en quoi nous pouvions concevoir que l’exposition pervertissait ce processus.

 

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