Séminaires 2010-2011

Christophe CHEVALIER – Agression sexuelle et corporel

L’agression sexuelle est la rencontre brutale de deux corps, un corps à corps qui, aux premiers abords, ne semble pas laisser de place pour le psychisme. Pourtant si cette agression est une pulsion alors le corps à corps devient un corporel à corps. Toutefois ce qui est agressé c’est toujours un autre, une personne. Il y a une relation certes particulière entre deux êtres humains. Cette idée nous amène à repenser la place du corporel dans l’agression en la percevant à la fois dans la décharge mais aussi sur la victime. Une décharge sur un corps corporalisé. Dans cet exposé nous tentons de montrer pourquoi nous pouvons parler de décharge corporelle de l’agresseur mais aussi nous essayons d’expliquer le concept de corps corporalisé à l’aide de la figure de la métonymie en tant que figure du corporel. Nous nous appuyons sur la clinique du passage à l’acte incestueux pour comprendre l’affirmation suivante : l’agression sexuelle est une décharge corporelle sur un corps corporalisé.

 

Marie-Anne ÉCOTIÈRE – Précarité et corporel

Les personne en situation de grande précarité nous présentent une situation de rupture avec le lien social qui par sa dimension extrême dévoile de façon exacerbée certains enjeux autour du corporel. Point qui se dégage de cette clinique : Pour qu’il y ait du corporel, il faut qu’il y ait l’intervention d’un autre qui soit un être de parole. Ainsi avec les personnes SDF, on s’aperçoit que quand le lien à l’autre est fortement malmené voir rompu, le corporel et sa dimension de parole est également mis à mal, parfois presque jusqu’à un apparent mutisme.

 

D. TELLA – Port du voile

J’ai fait le choix de parler de la femme musulmane , le port du voile et le corporelle , en me référent ,essentiellement sur des témoignages, car les mots et les paroles que nous prononçons au sujet de notre existence corporelle, sont tous chargés subjectivement, investis subjectivement, ils ne sont pas neutres, on leur attribue une valeur singulière, qui dépend de la culture où l’on vit, mais aussi de la culture familiale et de notre histoire personnelle .

 

F. DESPRE – Déni de grossesse

L’affaire des « bébés congelés », en 2006, lève le voile sur le phénomène du déni de grossesse, que nous pouvons définir comme « le refus ou l’incapacité de la femme enceinte à reconnaitre son état » (Dayan J., 1999). Les modifications corporelles qui apparaissent généralement lors d’une grossesse ne sont pas présentes ici : le ventre ne grossit pas, la femme ne ressent pas les mouvements du bébé, et l’aménorrhée peut également faire défaut. C’est ce que l’on nomme la complaisance corporelle et somatique. Le refus psychique de la grossesse est auto-entretenu par un schéma corporel peu modifié. Au moment de l’annonce du déni et la prise de conscience par la femme qu’elle est bien enceinte, il n’est pas rare que des symptômes apparaissent soudainement, le changement corporel peut alors se manifester en un temps record.

 

Olivier RICHARD – Apotemnophilie

L’ Apotemnophilie, ou le désir de se faire amputer d’un membre sain de son propre corps, est une conduite pathologique relativement peut courante, mais qui soulève un certain nombre de questionnements éthiques et cliniques . L’une de ses particularités réside dans la demande pressante qui est faite, le plus souvent à la médecine, de bien vouloir répondre par un acte chirurgical qui va à l’encontre de ce qui lui ai demandé habituellement. Nous verrons à travers les cas tout à fait différents de Louis, ainsi que de monsieur B, à quel point cette demande vient s’inscrire dans le thème de ce séminaire, car elle tend à vouloir distinguer corps et esprit, comme si l’un et l’autre étaient deux entités distinctes, comme si une réponse par le corps, chirurgicale, pouvait venir soulager ces personnes en grande souffrance psychique. Nous verrons ensuite toute la difficulté que peut éprouver la médecine ( pas uniquement ) dans ses tentatives de diagnostics ( Trouble factice de l’identité, trouble de l’identité relatif à l’intégrité corporelle, acrotomophilie etc… ).

 

E. DIMECH – Sur le tatouage

Le tatouage est donc une écriture corporelle, narcissique, incluant des processus psychiques et un ou plusieurs actes sur le corps. Si le corps n’était qu’un corps et n’était pas investit psychiquement, on peut se demander si le tatouage, tel qu’il est dans notre société, bénéficierait d’un tel succès. Or si l’on vient dire que le corps, est investit par le psychisme comme la peau par le Moi, alors on voit bien que le concept du corporel prend tout son sens. En effet, chaque acte de tatouage relève d’une problématique psychique, sauf l’acte imposé. Dans le tatouage, le corps est donc investit par la psyché comme le lieu, où la souffrance peut s’exprimer, et essayer de trouver un échappatoire, sur une zone du corps marquée, elle aussi psychiquement il va essayer de marquer de nouveau dans une tentative de symbolisation. Permettant de s’approprier son corps, il est une tentative de s’approprier son psychisme, de découvrir les limites de l’un et de l’autre. Le tatouage est donc bien quelque chose de corporel.

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