Soutenance de thèse – PIETROCOLA

Soutenue le 9 décembre 2011, par Annamaria PIETROCOLA.

Sous la direction du Pr Keller.

 

« TITRE. »


Ces dernières années, des recherches montrent que la souffrance psychique À l’adolescence s’exprime au travers d’un mal-être qui touche le corps sous la forme de blessures auto-infligées. Un grand nombre de jeunes ne s’adressent pas tout de suite à des services hospitaliers, ou à des professionnels de santé. Ils préfèrent rester longtemps dans l’ombre. En dépit de cela, nous avons constaté que le nombre de jeunes qui se rendent à l’infirmerie scolaire ne cesse d’augmenter. A partir de l’hypothèse de l’inconscient métapsychologique, l’infirmerie scolaire pourrait-elle signifier autre chose qu’un lieu de soins médicaux ordinaires pour les adolescents qui y ont recours ? L’analyse des entretiens cliniques, menés auprès d’adolescents en souffrance, montre que l’infirmerie scolaire est utilisée comme « un refuge », un lieu où s’abriter face aux angoisses pubertaires irreprésentables. Le psychologue est investi alors comme nouvel objet de soutien et complète le Moi fragile du jeune sujet en lui permettant de mieux se distancier des premiers investissements parentaux. Parfois l’infirmerie peut se transformer en un lieu de support identificatoire où l’adulte est investi en tant que sujet séparé et différencié. Ainsi faisant, l’adolescent peut commencer à penser à soi, articulant les affects et les représentations, et s’inscrire dans un processus de subjectivation.

Mots clés : Adolescence ; infirmerie scolaire ; blessures auto-infligées ; contenant psychique.

 

In recent years, research shows that psychological distress in adolescence is expressed through a weakness that affects the body in the form of self-cutting. Many young people do not consult hospital services or health professionals immediately. They prefer to stay hidden in the shadow for a long time. Nevertheless, we have noticed that the number of young people who go to the school infirmary is increasing. From the hypothesis of the unconsciousness metapsychology, could school sickbay mean something else for teenagers who use it? The analysis of clinical interviews conducted with adolescents suffering, shows that school nursing has become « a refuge, a place to shelter against the anxieties of non-representable puberty. Thus, the psychologist becomes a new object which supports and completes the weak self of the young patient, since it enables him to make a distance between his parents and himself. Sometimes the school infirmary can be turned into a helpful place because the adult is seen as a separate and different subject. Then, the teenager can start thinking about himself, playing with the affects and the representations before adopting a subjective process.

Keywords : Adolescence; school nursing; self-cutting; psychic container.

 

Membres du jury :

– P.-H. Keller (directeur de thèse)
– F. Marty
– G. Guerra
– M. Haza
– D. Cupa
– X. Pommereau

Salle des actes, Hôtel Fûmé. Université de Poitiers.

Soutenance de thèse – SILVA

Soutenue le 1er Décembre 2011, par Danièle SILVA.

Sous la direction du Pr. Alain Ducousso-Lacaze.

 

« Mélancolie et corporéité: entre situation de matérialité et expérience concrète. »


La mélancolie se définit sur le plan étymologique comme humeur ou bile noire. La douleur morale ne s’inscrit pas dans le corps objet, mais dans la corporéité comme intermédiaire entre le vivant et le monde. Elle se manifeste dans l’humeur et l’atmosphère comme intermédiaires concrets. La clinique de la mélancolie semble affecter notre être engagé à vivre et à exister. D’un point de vue Daseinsanalytique, l’effondrement mélancolique concernerait le malade qui découvre le fondement qui le constitue et l’anime, mais il s’y effondre dans le même mouvement. Nous nommons ce mouvement, les vécus d’ άπειρον (indéterminé) et d’ αίών (éternel). La clinique, nous permet de rencontrer des patients qui fuient ou aménagent cette situation de matérialité en fonction des points de fixations et des régressions au sens psychanalytique. L’expérience concrète du vécu mélancolique peut se déployer sur un mode obsessionnel, selon τόπος (espace géographique) et χρωνος (temps chronologique). Mais en fuyant le chaos spatial et temporel d’ άπειρον et d’ αίών, les patients perdent leur possibilité d’aménager des lieux selon χώρα (lieu) et de se laisser surprendre par les évènements selon χαιρός (occasion favorable). Ils contractent ainsi leur corporéité. A l’inverse, les patients inscrits dans l’aménagement de la situation de matérialité selon χώρα et χαιρός vivent l’expérience concrète de la mélancolie sur le mode maniaque. Plus rien n’a de limite et tout se confond dans une expérience de la corporéité en expansion. Elle est propice à la création, mais consécutive à un défaut de τόπος et de χρωνος, elle peut précipiter le patient dans la situation de matérialité.

 

Membres du jury :

– Alain Ducousso-Lacaze (Poitiers), Directeur
– Laurie Laufer (Paris 7), Rapporteur
– Michel Wawrzyniak (Picardie), Rapporteur
– Bernard Mabille (Poitiers)
– Marie-Claude Lambotte (Paris 13)

Soutenance de thèse – DAGUT

Soutenue le 20 janvier 2012, par Jérôme DAGUT.

 

« À l’ombre du regard. Recherche en psychologie clinique sur la caractérisation de la fonction scopique chez le surveillant pénitentiaire. »


Freud, dans les Trois essais sur la théorie de la sexualité, associe le désir de savoir à la pulsion épisthémophilique dont la source se situe dans l’œil. « Voir » conduirait au désir de savoir, savoir inconscient, invisible à soi, et toutefois observateur de soi-même. Si la garde des détenus, le maintien de l’ordre et la préparation à la sortie caractérisent les missions des surveillants, « on constate que la mission de surveillance développe chez eux une faculté de voir […] qui surprennent l’observateur étranger. » (CHAUVENET).La prison permet de voir des individus dans un endroit confiné dont on ne veut rien savoir. Et ces personnes dont on ne veut rien savoir, car correctement mises à l’écart par des paravents opaques (caméras, œilletons…), sont en permanence observées par les surveillants. Action continue et imposée par la fonction pouvant conduire à une désubjectivation des personnes détenues. L’œil qui voit est aussi celui qui regarde, à travers le malentendu (mal-perçu) de la relation scopique, s’installe tout le malentendu de la relation humaine, relation humaine qui demeure un rempart en ces lieux d’une expression singulière partagée. Cette recherche vise à montrer, comment, à l’instar du voir, le regard favorise l’intersubjectivité entre les personnes détenues et le personnel de surveillance depuis l’émergence d’une position singulière de l’agent de surveillance. La population est celle des surveillants pénitentiaires. La cohorte est constituée de 63 sujets sur 11 établissements. Il s’agit de montrer l’intérêt de la dimension psychologique, et plus spécifiquement du caractère sous-estimé de la pulsion scopique dans le milieu de l’enfermement.

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In his « Three essays on the theory of sexuality, Freud relates the desire to acquire knowledge to the epistemophilic drive, whose origin is in the eye. « Seeing » supposedly leads to the desire of knowledge, unconscious knowledge, unperceivable and yet self -onlooking. If keeping prisoners, maintaining law and order, preparing discharges are the missions of prison warders, « it has been shown that they develop an ability to see, through constant watching (…), that surprises outside observers ». (Chauvenet). The prison allows to see, in a confined place, people whom you don’t want to know anything about. These persons whom you don’t want to know anything about are constantly watched by warders through opaque screens (cameras, eyepieces…). This continuous action, imposed by the warder’s duties, can lead to a desubjectivation of prisoners.

The seeing eye is also the watching eye. The misunderstanding (badly considered) of the scopic relation leaves way to the misunderstanding of human relationship, which is still, however, a defence in these places where there are very singular ways of expressing oneself.

This study intends to show how the look, like the fact of seeing, makes way for the intersubjectivity between prisoners and warders, since the start of the warder’s particular position. The population is composed of prison warders. The group consists in 63 people over 11 institutions. The point is to emphasize the interest of the psychological dimension, more specifically the underestimated effect of the scopic drive in confined places.

 

Membres du jury :

– Senon J.-L. (Poitiers)
– Dejours C. (Paris)
– Keller P.-H. (Poitiers)
– Elchardus J.-M. (Lyon)
– Gravier B. (Suisse)
– Durif Varembont J.-P. (Lyon)

Salle des actes, Hôtel Fûmé. Université de Poitiers.

Colloque ‘Le sujet, le sexuel, le social’ (Photos)

 

Le 23 et 24 Mars dernier a eu lieu le troisième colloque international organisé par l’EA 4050 et sa composante poitevine CAPS. Situé à Poitiers, le colloque a été l’occasion privilégiée de réunir les conditions d’une confrontation de pensées.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur notre page Colloque ‘Le sujet, le sexuel, le social’ (23-24 Mars 2012)

Voici quelques photos de cet événement :

Colloque ‘Le sujet, le sexuel, le social’ (Inscriptions)

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En avant première du colloque !

L’émission de France Culture avec l’intervention de François Richard, invité au colloque samedi après-midi :

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Organisateurs : EA 4050 Composante CAPS – Poitiers
Partenaires : EA 4050 LPCP – Rennes, EA 1228 EPRED – Poitiers, GRESCO – Poitiers et GERHICO – Poitiers.

Colloque ‘Le sujet, le sexuel, le social’ (23-24 Mars 2012)

Pour la 3e fois depuis 2006, l’EA 4050 et sa composante poitevine CAPS, organise à Poitiers un colloque international qui rassemble des spécialistes des différents champs des sciences humaines : anthropologie, médecine, psychanalyse, sociologie, sciences juridiques, histoire. L’évolution contemporaine des représentations et des pratiques dans le domaine de la sexualité humaine s’accélère, à l’image des changements sociétaux actuels. Une telle accélération rend nécessaire, dans la perspective d’une meilleure compréhension de ce phénomène, la confrontation régulière des modèles interprétatifs mis au point par les chercheurs en sciences humaines.

Le principal objectif de ce colloque est précisément de créer les conditions d’une confrontation des différents paradigmes mobilisés pour rendre compte du phénomène considéré. Dans un souci de cohérence épistémologique, il s’agit une nouvelle fois d’examiner les principes d’une approche interdisciplinaire des liens dynamiques entre faits psychiques individuels et faits collectifs et sociétaux.

À cet objectif principal correspondent deux objectifs secondaires :

– Approcher dans sa réalité subjective et intersubjective, la complexité et la vitesse de changement des représentations dans le domaine du sexuel, en confrontant à ce sujet les travaux d’orientations psychanalytique, médicale, juridique, sociologique, historique, anthropologique et philosophique.

– Mettre à l’épreuve la validité de la méthode clinique et psychopathologique avec une focalisation particulière sur certaines notions psychanalytiques comme l’identité psychosexuelle, la pulsion, le fantasme dans leur résonance avec le champ social.

 

  • ARGUMENT DU COLLOQUE

Notre manière de penser et de vivre la sexualité aujourd’hui dépend en grande partie de notre héritage historique récent. Deux traits majeurs s’en dégagent, étroitement liés : les conséquences de la « libération sexuelle » d’une part ; celles de la disjonction de la sexualité/reproduction d’autre part. À l’image de cet héritage complexe, nos attitudes à son égard le sont également.  Tantôt nous le revendiquons, cherchant à comprendre les nouveautés auxquelles il nous confronte ; tantôt nous le redoutons, craignant la disparition des limites nécessaires à notre humanisation ; tantôt enfin nous le soupçonnons de dissimuler des formes de répression, encore plus subtiles que les anciennes.

Comment, à partir de leur domaine de légitimité, les sciences humaines nous aident-elles à nous situer vis-à-vis de cet héritage ? Comment nous permettent-elles de comprendre en quoi le sexuel et la sexualité travaillent en permanence le sujet et la culture ? 

Pour le sujet, la sexualité est inséparable de ses interrogations à propos de, son origine, son corps, son plaisir et sa rencontre avec autrui. À travers elle et le travail psychique qu’elle impose, le sujet se confronte de manière privilégiée aux interdits et aux normes de la société dont il fait partie. Dans le contexte social et normatif actuel,  qu’en est-il de ce travail subjectif ? Une telle question convoque bien sûr la psychanalyse mais concerne aussi la psychiatrie, dans les domaines les plus variés : la clinique de l’adolescence, les nouveaux modes de procréation, les formes renouvelées de famille, le vieillissement, les agressions sexuelles.

Pour la société, l’encadrement de la sexualité reste un impératif : à quels principes obéit aujourd’hui cet encadrement ? Une approche centrée sur la subjectivité trouve ici sa limite et se doit, dans un tel domaine, d’engager le dialogue avec d’autres disciplines : la sociologie, l’anthropologie, le droit, l’histoire, la philosophie.

 

→ Télécharger le programme ici

 
Organisateurs : EA 4050 Composante CAPS – Poitiers
Partenaires : EA 4050 LPCP – Rennes, EA 1228 EPRED – Poitiers, GRESCO – Poitiers  et GERHICO – Poitiers.
 

Pour plus d’informations, rendez-vous sur http://lesexuellesujetlesocial.blogspot.com/