Colloque Parentalités contemporaines 5 au 7 juin 19, Toulouse

Colloque national organisé par le laboratoire LCPI

Ce colloque propose deux journées de conférences plénières et une journée de six ateliers « tables rondes » consacrées aux « Parentalités Contemporaines ».
Les deux journées de conférences plénières sont composées de quatre demi-journées proposant chacune deux communications. Ce choix repose sur le désir de laisser la place après chaque intervention à une discussion mais aussi à une dynamique interactive avec l’auditoire. Si ces journées plénières sont consacrées à des orateurs invités régionaux, nationaux et internationaux, spécialistes de la thématique proposée, la journée « tables rondes » permet à des doctorants, soutenus par des enseignants-chercheurs, de venir présenter leurs travaux en lien avec les thématiques du colloque, autour d’une discussion collective.

Ce colloque s’intègre dans les perspectives de recherche du Pôle « Clinique psychanalytique des souffrances contemporaines » du laboratoire LCPI en lien avec les travaux effectués en périnatalité. Cette clinique spécifique fédère les différentes recherches poursuivies, dans le laboratoire, par les enseignants-chercheurs et les doctorants à travers de multiples axes : clinique de la parentalité, clinique de la périnatalité, clinique du lien, de la transmission et de la filiation, clinique de la psychopathologie périnatale.

La spécificité de ce colloque vient se loger dans le regard clinique et psychodynamique porté à cet objet d’étude contemporain qu’est la parentalité, cette thématique s’inscrivant dans différentes disciplines et épistémologies.
Fonder une famille, être une famille et faire-famille renvoient à des champs différents, qu’ils soient sociologiques, juridiques, politiques, ou encore celui de la clinique d’orientation psychanalytique. Cependant, il s’agit toujours au final d’évoquer ce qui semble être inscrit aux fondements de nos sociétés, ainsi qu’au plus intime de l’individu. Ainsi, au-delà de la situation sociale ou médicale des sujets, il est donc question de s’intéresser, au regard des changements sociétaux et des progrès de la médecine, à cette parentalité rendue possible, effractée, et/ou endeuillée, ainsi qu’aux nouvelles familles qui en découlent. La question de la filiation apparaissant alors au centre de ce faire-famille, dans ses dimensions psychique, sociale et juridique.
Ce colloque a alors pour visée de permettre une réflexion sur ce « faire-famille » contemporain, au-delà de tout objectif législatif, afin de recentrer le propos sur l’individu, son vécu et sa place dans la société.

Contact :
D Collin Rambeaud : 

Séminaire « PREMIER CHAPITRE » participation de A Ducousso Lacaze 5 juin 19

2018-2019

PROGRAMME SEMINAIRE INTERNATIONAL

« PREMIER CHAPITRE »

sylvain.missonnier@parisdescartes.fr

Recherche Action Périnatalité www.rap5.org

WAIMH FR – AEPEA – Laboratoire PCPP

Paris Descartes Sorbonne Paris Cité

PROGRAMME DEFINITIF 

Le séminaire se déroule de 17h à 20h, Salle du Conseil à l’Institut de Psychologie, 71 avenue Edouard Vaillant à Boulogne-Billancourt, Métro Marcel Sembat Renseignements transports

Mercredi 13 mars 2019 : Bérengère BEAUQUIER, psychiatre d’enfants, responsable de la périnatalité dans le service de psychiatrie infantile de l’hôpital Necker : Les ventres peints des femmes enceintes (Belly painting).

Mercredi 15 mai 2019 : Dante TROJAN, psychiatre d’enfants, responsable du Centre de Traitements Psychanalytiques du Service de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent de l’Hôpital Universitaire de Genève, Suisse, Sandra RUSCONI, psychologue responsable de l’Unité de Recherche du Service de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent de l’Hôpital Universitaire de Genève, Polysémie de la communication en clinique. Un regard complémentaire entre psychanalyse, attachement et guidance interactive.

Mercredi 5 juin 2019 : Alain DUCOUSSO-LACAZE, Pr de psychologie clinique, , Directeur du CAPS (Clinique de l’Acte et Psychosexualité) : L’homoparentalité : un paradigme heuristique ?

 

Co-organisation du séminaire du Pr Sylvain MISSONNIER :

Marion CANNEAUX, Marcela GARGIULO,

Chloë LECLERE, Jessica SHULZ

 Agenda actualisé, et renseignements : www.rap5.org/SeminairesEtEvenements

Soutenance de thèse : EVA ROY – 15 MAI 2019

Approche anthropo-psychanalytique du lien fraternel gémellaire dans la famille contemporaine

Date soutenance : 15 mai 2019 13H30

Lieu : MSHS salle Mélusine, Université de Poitiers

 

résumé

Cette recherche trouve sa source dans un contexte d’évolution et de modification des systèmes familiaux. De nombreux travaux en psychologie et en anthropologie cherchent à prendre la mesure des transformations de l’institution de la famille et étudient la manière dont se construisent les liens qui oeuvrent au sein des nouvelles configurations familiales. Toutefois au sein de ces nouvelles formes de famille, l’étude du lien fraternel gémellaire, le rôle qu’il joue dans le fonctionnement familial mais aussi dans la construction des liens de parenté semble encore pouvoir être développée. Cette recherche exploratoire se centre donc sur la dimension gémellaire du lien fraternel et de la famille, dans la perspective d’éclairer un nouvel aspect du fonctionnement familial et de ses enjeux inconscients. Comment les liens unissant une famille se construisent ou se déconstruisent, dans leur dimension inconsciente, lorsqu’elle accueille des jumeaux ? Le lien fraternel revêt-il un aspect particulier lorsqu’il est gémellaire ? Comment résonne-t-il chez les différents membres d’une fratrie ou dans la famille élargie ?

Ce travail de thèse vise ainsi plusieurs objectifs. Il s’agit premièrement d’étudier les caractéristiques du lien fraternel gémellaire dans ses représentations individuelles et collectives en considérant plus particulièrement son intrication à la notion de « double ». Nous cherchons aussi à considérer ce lien dans une dimension familiale et non plus réduite à la dyade gémellaire. Ainsi, la problématique spécifique de ce travail est de caractériser les représentations inconscientes individuelles comme familiales de la gémellité afin d’interroger les incidences de la fantasmatique familiale et parentale sur l’édification du lien fraternel gémellaire. Toutefois, engager une réflexion quant à la définition du lien gémellaire et sur la manière dont l’entourage familial peut en déterminer les modalités nécessite aussi de considérer la façon dont cet entourage, plus particulièrement les parents, se confrontent et s’accommodent de la gémellité. C’est pourquoi cette recherche a également pour objectif de déterminer si la confrontation à la gémellité peut, dans le psychisme des parents, prendre une valeur traumatique (Dumet et Ferrant, 2009 ; Bokanowski, 2011). Puis, dans un second temps, de questionner les différents processus mobilisés par ces parents pour faire face à un potentiel « traumatisme de gémellité » et l’incidence de ces processus sur l’édification du lien entre leurs enfants jumeaux.

La population concernée regroupe des familles dont la génération des enfants accueille au moins deux jumeaux au sein de la fratrie. Le matériel clinique est recueilli à partir d’entretiens semi-directifs différenciés selon la génération et de deux tests projectifs : le génogramme et le dessin de la famille.

 

Composition du jury :

M Alain Ducousso Lacaze, directeur

Mme Marie-José Grihom. Professeure à l’université de Poitiers : présidente du jury

Mr Albert Ciccone. Professeur à l’Université de Lyon 2 : rapporteur

Mme Despina Naziri. Professeure à l’Université de Liège : rapporteure

Mme Régine Scelles. Professeure à l’Université de Paris Ouest La défense : examinatrice

Colloque Violence en famille 10 au 12 Avril 2019 – Poitiers

La famille est tantôt présentée comme le dernier
refuge des hommes et des femmes, dans un monde turbulent
et imprévisible, tantôt comme une “institution” passéiste et
délétère. Le célèbre cri d’André Gide dans Les Nourritures
terrestres (1927) : “Familles je vous hais”, dénonce le repli
sur soi, les bonheurs égoïstes, les “foyers clos” et les
“portes refermées”.
La présente manifestation a pour visée de
s’attacher à la face sombre de la cellule familiale et de
s’arrêter tout d’abord sur les transgressions, puis de traiter
de la place, du rôle et des interactions entre victimes et
auteurs et enfin de s’interroger sur la place des enfants.

 

Organisé par :
Lydie Bodiou (Herma) lydie.bodiou@univ-poitiers.fr,
Frédéric Chauvaud (Criham) frederic.chauvaud@univpoitiers.
fr,
Marie-José Grihom (Caps) marie.jose.grihom@univpoitiers.
fr

Programme détaillé : Flyer colloque Violence en famille

Les psychanalystes à l’heure du fake – PH Keller – Tribune le Figaro

https://www.liberation.fr/debats/2019/01/20/les-psychanalystes-a-l-heure-du-fake_1704221

 

Les remises en cause ont poussé de nombreux praticiens à s’exprimer pour défendre une discipline plus que jamais au cœur des problématiques les plus brûlantes de notre société.

Tribune. Les psychanalystes sont répartis sur l’ensemble de notre territoire, et si un certain nombre d’entre eux exercent une activité libérale, la plupart travaillent en institution. Quant à leurs interventions, elles concernent tous les secteurs de l’activité sociale, culturelle et même économique. Mais la nature même de leur travail les expose à une posture individualiste, jusque-là peu compatible avec la prise de position collective, la seule qui permette de représenter socialement et politiquement une profession.

Cependant, les mises en cause incessantes et injustifiées de leur discipline ont eu raison de cette tendance à l’individualisme, et fait naître chez eux le désir de se rassembler pour se faire entendre. Car ils savent que dans l’esprit du public et des décideurs politiques, la psychanalyse est le plus souvent attachée aux représentations fragmentaires et caricaturales générées par ces attaques permanentes. Ils savent aussi que leur discipline centenaire, considérée comme une source permanente de controverses, est pourtant partie prenante de la vie sociale, professionnelle et même privée, de leurs contemporains.

Qu’on le veuille ou non, de multiples notions présentes dans le langage courant, associées à la pensée commune et intégrées à la réflexion collective, sont bel et bien issues de la théorie et de la pratique psychanalytiques : «pulsion», «libido», «lapsus», «refoulement», «psychosexualité», etc. Ce contraste entre d’une part, la multiplication des agressions malveillantes, et d’autre part le développement spontané de l’influence psychanalytique, incite aujourd’hui les spécialistes à éclairer l’opinion sur leur travail, dans les différents secteurs d’activité où ils interviennent. Le récent exemple de la prise en charge de l’autisme suffit à montrer l’ignorance des accusateurs de la psychanalyse.

Car si les reproches adressés à la psychanalyse dans ce domaine étaient à la mesure du désarroi, des souffrances et des espoirs déçus des familles, la participation des psychanalystes au travail scientifique ne s’en est pas moins poursuivie. Associés au travail sur le signe Preaut concernant les risques d’évolution autistique chez l’enfant de moins de 12 mois, ils sont actuellement signataires des premières publications sur cette question.D’une façon générale, dans les domaines de la santé mentale et de la psychiatrie, de la médecine, de l’enseignement, de l’éducation, de l’information ou encore de la justice, les psychanalystes apportent sans contestation possible leur contribution, au bénéfice des professionnels concernés comme des usagers.

En février 2008, à l’ouverture d’un colloque qui se tenait dans les locaux du ministère de la Santé, la ministre affirmait que «la réflexion (psych)analytique a un rôle essentiel à jouer dans les débats de santé publique». Dix ans plus tard, à l’ère des fake news et en plein développement des fausses sciences, les psychanalystes rappellent que leur travail concerne la vérité du sujet dont la parole porte témoignage. Si la référence à la vérité n’exclut pas la critique, les reproches qui visent le plus souvent la psychanalyse relèvent plus du stéréotype et de l’idée reçue que de l’argumentation rigoureuse.

Ainsi, continuer à faire de l’inconscient freudien une croyance héritée du XIXe siècle dépassée par la science moderne résonne au XXIe comme un aveu d’ignorance. Non seulement, les psychanalystes contribuent à faire avancer la connaissance sur l’autisme, une pathologie identifiée au début du XXe, mais ils étudient désormais les phénomènes les plus contemporains : l’homoparentalitéle retrait social des jeunes ouhikikomori, ou encore la radicalisation islamique des adolescents. Dans le contexte de la journée mondiale de la santé mentale du 10 octobre, ils ont organisé à la Salpêtrière une manifestation scientifique qui a rassemblé plusieurs spécialistes autour d’une souffrance infantile très médiatisée : le TDAH (trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité).

Par ailleurs, des praticiens de la psychanalyse issus des principaux courants théoriques ont rédigé un texte que l’on peut trouver sur la plupart des sites des écoles qui l’ont toutes validé. Intitulé «Rapport sur les avancées et les apports des psychanalystes français dans le champ de la santé mentale, de la jeunesse et de la culture», ce texte vient d’être remis aux autorités. Compte tenu de leur incessante activité dans ces différents domaines et soutenus par les chercheurs et scientifiques avec lesquels ils collaborent, les psychanalystes estiment avoir gagné le droit d’inscrire leurs travaux cliniques, non seulement dans le cadre de la recherche scientifique universitaire et académique, mais aussi dans l’ensemble du paysage culturel français.

Premiers signataires : Marie-Frédérique Bacqué Professeure, université de Strasbourg, Isée Bernateau Psychopathologie clinique, maîtresse de conférences, Paris-VII, Antoine Bioy Psychologie clinique, professeur Paris-VIII, Anne Brun Psychopathologie clinique, professeure, Lyon-II, Frédéric Chauvaud Professeur d’histoire, université de Poitiers, Guy Dana, Psychiatre, psychanalyste, Marielle David Pédopsychiatre, psychanalyste, Olivier Douville Maître de conférences, psychanalyste, Francis Drossart Psychiatre, Paris-Diderot, psychanalyste, François Dubet Sociologue, professeur émérite, Alain Ducousso-Lacaze Psychopathologie, professeur, université de Poitiers, Tristan Garcia-Fons Pédopsychiatre, psychanalyste, François Gonon Neurobiologie, CNRS, Nicolas Gougoulis Psychiatre, praticien hospitalier, psychanalyste, Michel Kreutzer Ethologie, professeur émérite, Paris-Nanterre, Laurie Laufer Professeure Paris-Diderot, psychanalyste, Jean-Baptiste Legouis Secrétaire général du RPH, Daniel Marcelli Pédopsychiatre, professeur des universités, Françoise Mevel Docteure en psychologie, présidente Association psychanalytique des thérapeutes familiaux d’Aquitaine, Bernard Odier Psychiatre, psychanalyste, Laurent Ottavi Psychopathologie, professeur université Rennes, Michel Patris Psychiatre, psychanalyste, Gérard Pirlot Psychopathologie clinique, psychiatre, professeur, Toulouse-II, psychanalyste, François Pommier Psychopathologie clinique, professeur, Paris-Nanterre, Gérard Pommier Professeur émérite université de Strasbourg, psychiatre, psychanalyste, René Roussillon Psychopathologie clinique, professeur émérite, Lyon-2, psychanalyste, Louis Sciara Directeur CMPP Villeneuve-Saint-Georges, Marie Selin Psychologue, psychanalyste, Jean-François Solal Psychiatre, SPF, Dominique Tourrès-Landman Pédopsychiatre, psychanalyste Jean-Jacques Tyszler Psychiatre, psychanalyste, Alain Vanier Professeur des universités, psychiatre, psychanalyste, Jean-Michel Vivès Psychopathologie clinique, professeur université côte d’Azur, Pierre Zanger Psychiatre, SOS addiction, psychanalyste.

Pascal-Henri KELLER Psychopathologie clinique, professeur émérite, université Poitiers Patrick Landman Psychiatre, psychanalyste, juriste

Colloque Anniversaire : « Inconscient où es-tu? », Angers, 30/11/18

Pascal Henri Keller présente : La psychanalyse à l’université et la question de l’analyse profane

À l’occasion du 20è anniversaire du Master Psychologie clinique, clinique du lien social, l’équipe pédagogique, les étudiants d’aujourd’hui et l’association étudiante de ce M2 « Le Fil d’Ariane » organisent une journée de retrouvailles autour d’un colloque scientifique. Cet événement sera l’occasion de partager une réflexion sur la place de la psychanalyse aujourd’hui dans notre société, à l’université et dans les pratiques cliniques. Organisée avec le soutien de l’Ami-SHS, du programme EnJeu[x], de l’équipe de recherche BePsyLab, et de la Faculté des lettres, langues et sciences humaines, cette journée sera un moment à la fois réflexif et convivial, avec surprises au programme.

Programme Colloque Anniversaire (1)

Colloque Amiens, 14 et 15 novembre – Familles homoparentales ici et ailleurs

Comment les enfants grandissent-ils dans les familles homoparentales ? Quel est
le quotidien de ces familles en France et dans les autres pays ? Les recherches sur
le développement et la socialisation des enfants dans les familles homoparentales
dont les résultats seront présentés et discutés lors de ce colloque international
sont les premières réalisées en France dans une double perspective : celle d’une
comparaison avec la population des familles hétéroparentales de la cohorte ELFE
(Enquête longitudinale française depuis l’enfance, Ined-Inserm) tout en recourant
à une méthodologie pluridisciplinaire. Elles se sont développées dans le cadre du
projet de recherche DEVHOM (financé par l’Agence Nationale de la Recherche) et
ont consisté à mener une enquête, à la fois par questionnaires et par entretiens,
auprès de 200 familles homoparentales, réparties sur tout le territoire français.
Ce colloque sera l’occasion de présenter les résultats de ce projet dont l’approche
méthodologique permet une compréhension fine des trajectoires des parents de
même sexe, des contextes de vie des familles homoparentales et des formes
d’éducation de leurs enfants. Il permettra également de confronter les résultats de
ces travaux français à ceux conduits à l’échelle internationale
Avec Alain Ducousso Lacaze et Marie José Grihom

Colloque Nice – PMA

Parents Médicament Assistés - Comment advenir aujourd'hui

 

A l’occasion de la révision de la loi bioéthique prévue pour 2018-2019 en France, ce colloque scientifique franco-québécois se propose d’ouvrir un espace de parole et de pensée pour nourrir et éclairer le débat éthique, se centrant sur les intérêts de l’enfant, ceci face aux demandes sociétales « d’ouvrir la PMA à toutes les femmes en France ».

 

Nous réfléchirons aux différents mode de faire-famille : homoparentalité, monoparentalité et hétéroparentalité et leur vécu tant en France qu’au Québec. Nous mettrons au travail les questions de l’infertilité biologique et de l’infertilité sociale avec leur lot de solitude, de honte et de culpabilité. Puis face à l’altérité que représente le recours au don de gamètes, nous nous poserons les questions de savoir : qui sont les parents ? À qui appartiennent les enfants ?

Ce colloque accueillera des anthropologues, sociologues, psychanalystes, des juristes et des praticiens de la PMA.

 

Infos : http://colloque-pma.fr/

appel à communication – la violence en famille

La violence en famille

Colloque international, Poitiers

(Université de Poitiers,  CNRS, MSHS-CPER-FEDER Insect, Union Européenne,

Grand Poitiers, Grand Angoulême, Région Nouvelle Aquitaine)

les 10 – 11 – 12 avril 2019

 sous la direction de

Lydie Bodiou (Herma), Frédéric Chauvaud (Criham) et Marie-José Grihom (Caps)

 

La famille est tantôt présentée comme le dernier refuge des hommes et des femmes, dans un monde turbulent et imprévisible, tantôt comme une « institution » passéiste et délétère. Le célèbre cri d’André Gide dans Les Nourritures terrestres (1927) : « Familles je vous hais », dénonce le repli sur soi, les bonheurs égoïstes, les « foyers clos » et les « portes refermées ». La présente manifestation a pour visée de s’attacher à la face sombre de la cellule familiale et de s’arrêter tout d’abord sur les transgressions, puis de traiter de la place, du rôle et des interactions entre victimes et auteurs et enfin de s’interroger sur la place des enfants.

 

Transgressions

 

Dans le célèbre ouvrage de Engels sur L’origine de la famille publié à la fin du XIXe siècle le lecteur découvrait que, dans le cadre du mariage conjugal d’aujourd’hui, « la femme se rebelle contre la domination de l’homme ». Pour lui, la famille monogamique devenait le creuset permettant toutes sortes d’écarts et d’éclats, un peu comme si la transgression, le mot n’était pas utilisé, était inhérente à la famille contemporaine.  Par la suite le thème familial est devenu, à plusieurs reprises, très sensible. Le Haut Comité de la Famille institué en 1939 a voulu promulguer un Code de la Famille, repris par le régime de Vichy. En 1941, on pouvait lire que le Code de la Famille entendait « protéger la famille française par les mesures les plus diverse : « aides matérielle aux chefs de famille, prêts aux jeunes ménages, protection de la « race » (lutte contre l’avortement, l’alcoolisme, les outrages aux bonne mœurs, les stupéfiants),… ». La perception de la famille la place de ses membres est tributaire d’un contexte et d’une époque. La notion de transgression également. Dans les années 1930 des psychiatres pouvaient évoquer « les familles morbides » présentées comme celles où les dysfonctionnements étaient la règle et où les violences se multipliaient. Cette vision permettait de dédouaner toutes les autres familles et de ne pas s’interroger sur les violences latentes ou manifestes. Il est vrai que des dissentiments et violences font partie des « secrets de famille » qui ne sont pas portés sur la place publique et dont les effets s’avèrent pourtant redoutables. Communément, la transgression consiste à passer outre, à ne pas respecter les usages, les coutumes et les lois. Pendant longtemps, battre sa femme ou ses enfants a été considéré comme une manifestation de l’autorité parentale et maritale. Le Code civil de 1804 avait fixé les choses et les transgressions se rapportaient à un emploi excessif de la correction ou de la force entraînant des blessures graves, un handicap ou même la mort. La transgression consiste à ne pas respecter les règles de vie communes à l’intérieur d’une famille en abusant ou en brutalisant l’un de ses membres. Selon Georges Canguilhem, il existe des normes vitales qui ne s’appliquent pas qu’à la santé mais aussi au vivre ensemble. L’infanticide, le parricide, le féminicide, le viol, l’inceste et autres agressions violentes, par le geste ou la parole, constituent des transgressions. Certaines brisent des tabous, d’autres déchirent le contrat moral et juridique qui unit des couples et des générations. La transgression ne fait pas l’objet d’une perception et d’une définition unanimes. Pour les hommes et les femmes du XXe siècle les orgies en famille sous l’Antiquité étaient assimilées à une manifestation transgressive. Aujourd’hui la transgression semble moins claire et, dans la famille, quelles significations peut-on lui donner ? Quels sont les interdits, à la fois dans une dimension spatiale, mais aussi historique, que les hommes et les femmes du passé, comme ceux d’aujourd’hui, ont respecté, ont été obligés de suivre ou bien encore se sont imposés ? On peut se demander si la transgression a été constituée en catégorie morale ? Normes culturelles, psychiques et sociales s’entrelacent et nécessitent, comme l’avait souligné aussi bien Alain Corbin que Michel Foucault, de réfléchir aux limites. La transgression, suggèrent-ils, lève l’interdit mais ne le fait pas disparaître. De son côté, Freud et plusieurs de ses continuateurs ont évoqué la question d’un sur-moi défaillant. La transmission s’est avérée défaillante, rendant possible la maltraitance, la manipulation, l’asservissement, la brutalité. La transgression en famille ne concerne pas que l’intime, elle pose, des origines à nos jours, la question des possibles, des pratiques, de l’inacceptable, de la tolérance du groupe ou de la société et de la répression.

 

 

De la violence en famille aux violences : auteurs et victimes

 

 

Depuis 2013 plusieurs colloques et diverses actions ont été consacrés par notre équipe pluridisciplinaire afin de rendre compte de la violence faite spécifiquement aux femmes (Le corps en lambeaux), nos travaux les plus récents ont porté sur le meurtre de la femme ou féminicide (un ouvrage à paraître « On tue une femme » fin 2018). Mais les violences familiales sont plus larges que les violences conjugales et pourtant elles n’ont pas fait l’objet d’un traitement particulier. C’est en vain que l’on chercherait une histoire des violences familiales. En 1903, Les Archives d’Anthropologie criminelle avait pourtant évoqué la notion de « répression familiale ». Le colloque d’avril 2019 vise à penser ce phénomène à la lumière : des logiques familiales (la famille est une institution, le premier groupe social, elle est à cet égard le creuset du rapport au monde pour les êtres qui la fondent et qui y naissent), des logiques du couple mais aussi de la fratrie, car cette dernière n’est pas exempte de violences sexuelles où la question du consentement est au premier plan, notamment à l’adolescence. Si l’on a longtemps parlé d’atavisme, de facteurs de dégénérescence au XIXe siècle avec le développement de la médecine, si l’on met au premier plan le poids des toxiques dans la commission des méfaits (alcool et autres drogues), il s’agit également de resituer cette violence familiale, quelle qu’en soit la forme, dans une perspective mythologique, anthropologique, philosophique, historique, sociologique et sous l’angle des travaux modernes de psychanalyse familiale notamment. L’ensemble de la mythologie grecque met en forme – dans une dimension constituante du lien social – du mythe d’Abel et Caïn, à l’infanticide de Médée en passant par les trangressions de l’Œdipe de Sophocle la mise en branle d’une violence fondamentale décrite magistralement dans l’œuvre de Shakespeare. Quelques travaux ont abordé par la suite la question de la médiatisation des violences intrafamiliales, ainsi l’ouvrage de A. Damet, La septième porte. Les conflits familiaux dans l’Athènes classique (2012) ou le parricide considéré comme l’exacerbation des violences familiales, du moins pour le XIXe siècle (S. Lapalus). Que sait-on des auteurs (hommes et femmes, adultes ou adolescents) dans leurs relations aux victimes ? Un lien les unit – d’alliance ou de consanguinité – des liens affectifs d’amour, de haine, de possession et de jalousie s’y heurtent, des répétitions intergénérationnelles s’y déroulent, des pathologies y agissent qui conduisent à tuer pour tuer (S. de Mijolla) ou à jouir de la souffrance de l’autre. La victime existe-t-elle en tant que telle en ces cas ou n’est-elle que la pâle figure de l’objet de haine de l’auteur ? L’attention sera focalisée sur les contextes et les lectures plurielles des liens familiaux, conjugaux et fraternels pris dans le cycle de la violence avec leurs interactions destructrices.

 

 

La violence envers les enfants

 

« Le danger que risque de courir l’enfant ou qu’il court dans sa famille est le fondement de l’intervention en protection de l’enfance ; les mauvais traitements sont inclus dans la notion de danger » (ONED). Le premier texte de loi sur la protection des enfants du « premier âge » date, en France, de 1873, mais la grande loi de 1898 punit pour la première fois les ascendants, auteurs de violences, voies de fait et actes de cruauté commis contre leurs enfants (voir la Revue d’Histoire de l’enfance « irrégulière). Depuis de nombreuses législations se sont succédées jusqu’à la loi la plus récente de 2016. « Dès son article 1er, la loi n° 2016-297 du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant apporte une nouvelle définition du sens donné à la protection de l’enfant en plaçant ce dernier au centre de l’intervention. Les nouvelles dispositions légales renforcent la prise en compte de l’enfant et de ses besoins dans un parcours de protection (sécuriser le parcours de l’enfant, assurer une stabilité de vie…) et souhaitent aller dans le sens d’une meilleure cohérence en ce qui concerne les dispositifs, les pratiques et l’articulation institutionnelle. Cependant certaines limites sont à noter comme la difficulté de considérer la situation d’inceste, celle d’identifier et d’accompagner les mineurs privés temporairement de leur famille ou encore celle de la réforme de l’adoption. » Pour autant les chiffres sur la maltraitance restent alarmants ainsi que ceux sur l’infanticide. « 57 homicides sur mineur de moins de 15 ans ont été enregistrés en France métropolitaine par les services de police et de gendarmerie en 2016. Ce nombre a fluctué de manière irrégulière au cours des vingt dernières années, oscillant entre 39 et 106 faits. Sur le passé récent, il a connu un pic en 2015 avec 75 victimes comptabilisées (…), sur la période 1997–2006, ce nombre s’élevait en moyenne à 79 cas par an, tandis qu’entre 2007 et 2016, le volume moyen était de l’ordre de 57 homicides enregistrés chaque année » (Oned). Comment concevoir sous un angle pluridisciplinaire qu’en dépit des dispositifs de protection précocement mis en œuvre (PMI) la place de l’enfant dans sa famille ne soit pas garantie et que la parentalité puisse engendrer des troubles et des handicaps parfois durables (bébé secoué, défaut de soin, etc.) et d’autres transgressions comme la prostitution des mineurs par exemple.

Si le viol-meurtre d’un enfant, révélé par l’affaire Soleilland en 1907, est devenu en quelques décennies le crime le plus épouvantable et le plus honni du public, l’infanticide est, lui, devenu le crime familial le plus abominé par l’opinion publique. Certaines affaires récentes, comme celles des bébés congelés, ont remis au premier plan l’impensable dont il est l’objet, pourtant par le passé les conditions faites aux enfants obligés de travailler à la ferme ou à la mine, dénutris et négligés, abandonnés loin de tout secours ont marqué notre histoire européenne. Pour Jules Vallès, la violence paternelle conduit à la mort la petite Louisette. Pour certains auteurs, une recentration sur la psychologie de la mère permet aujourd’hui de comprendre partiellement ce crime que certains peuples continuent de pratiquer avec les nouveaux-nés filles. D’autres crimes n’ont pas l’évidence de l’assassinat, il en est qui plus sournois, couverts par l’ensemble du groupe familial comme dans le cas de « l’enfant au placard » ou, dans une certaine mesure, dans la triste affaire de « La séquestrée de Poitiers » (André Gide). Il est aussi, dans le silence de la maltraitance psychologique, des « meurtres d’âme » que de grands auteurs ont su traduire que l’on songe à Poil de carotte de Jules Renard ou encore à Vipère au poing d’Hervé Bazin. L’inceste, l’autre transgression centrale au sein de la famille, appelée « les liaisons dangereuses » au XIXe siècle (Fabienne Giulani), peine à être pleinement reconnu, comme l’illustre l’affaire Violette Nozière, tant les enjeux familiaux construisent des digues face aux regards extérieurs et du déni en son sein. Dénoncer, c’est toujours risquer de perdre sa place au sein du groupe. Cette troisième approche sera dédiée à l’étude interdisciplinaire de la violence exercée spécifiquement sur les enfants (maltraitances psychologiques et physiques, inceste, autres formes telles le syndrome de Stockolm). Située au plan historique et sociologique cette violence aux divers visages donnera lieu à l’analyse des mécanismes qui y sont impliqués : enjeux de pouvoir, d’argent, généalogiques, de filiation, narcissiques, etc. tant à travers la clinique des cas que de la littérature. Une perspective critique sur l’évolution du regard contemporain sur la violence faite à l’enfant sera le fil rouge à cette journée.

Le présent colloque se veut véritablement pluridisciplinaire et les propositions historiques, psychologiques, littéraires, juridiques, sociologiques… sont éligibles. Il est demandé de présenter un bref résumé ou intention de 1000 signes et une courte notice bio/biblio de 500 signes.

Les propositions sont à adresser à Lydie Bodiou (lydie.bodiou@univ-poitiers.fr), Frédéric Chauvaud (frederic.chauvaud@univ-poitiers.fr) et à Marie-José Grihom (marie-josé.grihom@univ-poitiers.fr) avant le 15 novembre 2018. Les organisateurs assureront une réponse pour le 14 décembre.

 

 

Chapitre d’Elise PELLADEAU dans La pratique psychologique avec des adolescents, 15 dispositifs originaux

Elise PELLADEAU vient de publier un chapitre intitulé

La subjectivité et le temps à l’épreuve de l’intercontenance : L’exemple d’un dispositif psychothérapeutique auprès d’adolescents incarcérés ,

dans l’ouvrage intitulé

La pratique psychologique avec des adolescents, 15 dispositifs originaux  

dirigé par Nathalie Dumet et Barbara Smaniotto aux éditions In press

http://www.inpress.fr/livre/la-pratique-psychologique-avec-des-adolescents/